C'est la période des vacances. Si certains enfants ont la chance d'aller au bord de la mer ou dans d'autres endroits propices à la détente, d'autres, faute de moyens, sont confinés dans leurs villages ou quartiers.
Combien de fois a-t-on constaté sur les abords des routes, notamment la RN 68 et 25, de petits gamins et de petites gamines, venus exposer des galettes maison ou autres produits du terroir? Mais souvent, ces petits chérubins s’adonnent à la recherche d’objets ferreux ou en plastique. Car, faudra-t-il le rapporter, il n’échappe à personne de remarquer ces dizaines de camionnettes qui sillonnent les villages, les cités et les quartiers. Ce sont des collecteurs de ces objets. Même si les petites sommes que leur donnent ces collecteurs sont infimes, ces enfants ne se lassent pas de fouiner partout même dans les décharges afin de soutirer une bassine en plastique, une paire de sandales, une assiette parabolique… « C’est dur. Mais il faudrait quand même gagner quelques dinars par jour. Avec la somme que je récolterai, j’irai à la plage », répond un enfant à peine âgé de douze ans qui attendait un camionneur venant de Bouira. Ce décor est planté chaque jour. Dès que les klaxons sont entendus, on voit des cohortes d’enfants courir derrière les camionnettes souvent immatriculées à Bouira, Boumerdès et Blida » écouler » leur trouvaille. En tout cas, ces petits potaches font de cette collecte leur sport favori en ces temps de grandes chaleurs. D’ailleurs, certains d’entre eux se permettent même de commettre de petits « larcins » pour amasser le plus grand nombre d’objets. ‘’S’il est vrai que le recyclage de ces objets est une initiative louable, il n’est pas dit d’inciter ces enfants à s’occuper de cette tâche pour une poignée de dinars. Car, il est à noter que leur santé est mise en danger parce qu’ils ne savent pas où mettre les mains’’, s’indigne une mère de deux enfants. En effet, parfois, ils fouillent dans des monticules d’ordures où se mêlent à ces métaux et plastiques des médicaments périmés dangereux et de la nourriture pourrie. «C’est un grand risque pour eux», s’écrie notre interlocutrice.
Amar Ouramdane

