«Comment subvenir à nos besoins après les lourdes dépenses du mois de carême, alors que la prochaine mensualité est lointaine ?» Cette plainte exprimée par un couple, hier, à Boumerdès, peut résumer actuellement l’angoisse des ménages devant la hausse brutale des produits alimentaires. Tant à l’ex-Rocher Noir que dans d’autres régions du pays, les citoyens font le décompte de leurs dépenses journalières, mais n’arrivent pas à s’en sortir. «Le prix du kilogramme de navets a atteint 170 DA, alors qu’il coûtait trois jours auparavant entre 60 et 80 DA», a-t-on témoigné au niveau du même chef-lieu de la wilaya. Ayant sensiblement baissé durant les trois premières semaines du mois de Ramadhan dernier, la mercuriale commencent à prendre une courbe ascendante. Et en plus des hausses liées à l’Aïd El-Fitr, dont les ménages se sont accoutumés, les prix des produits alimentaires n’ont point cessé de flamber. On dirait que les commerçants s’étaient donné le mot, dans cette partie de l’Est d’Alger. La courgette et l’haricot vert, cédés il y a moins de quinze jours à 60 et 100 DA, ont respectivement connu des augmentations à hauteur de 100% et 50%. Les prix moyens de la pomme de terre et de la carotte n’ont pratiquement pas changé. Celui de la tomate a par contre dégringolé. «Mais ce produit agricole se consomme, chez nous, surtout en été, avec le piment doux et la salade verte, dont le prix du kilo n’a pas échappé à cette spéculation», s’inquiéteront encore des chefs de familles. La hausse des tarifs de l’abricot, de la pêche et de la banane, de bonne qualité, est en moyenne à présent de l’ordre de 15%. Le raisin, qui est pourtant produit en grandes quantités dans cette région tampon entre la capitale et Tizi-Ouzou, signe son entrée avec un coût de 180 DA le kilogramme. «Après un Ramadhan béni, où presque tous les fruits y compris la fraise d’assez bonne qualité, étaient à notre portée, l’on se rabat maintenant sur le melon de type cantaloup cédé à 50 DA la pièce», dira un retraité de la fonction publique. Bien que ce fruit soit fortement apprécié, comme la pastèque, l’on craint qu’il soit arrosé avec l’eau insalubre ou un autre liquide nocif. Décidément, le commun des consommateurs, chez nous, est rarement heureux.
Salim Haddou