Jamais, de mémoire des citoyens de la daïra de M’Chedallah, cette dernière n’a vécu une crise de l’alimentation en eau potable comme celle de cette année. A signaler que celle-ci a commencé depuis la mi-mai, soit plusieurs semaines avant la baisse du niveau des sources de captage, dont la principale, Laïnser Averkane (la Source noire), alimente cinq sur les six communes de la daïra de Saharidj. Un phénomène qui s’explique, d’abord, par un faible taux de pluviométrie et chutes de neige, en sus de la vétusté des ouvrages de transport et distribution, les innombrables piratages perpétrés sur ces ouvrages et la mauvaise réalisation des itinéraires du réseau de transport de ce captage (la Source noire). Ce dernier a fait, pour rappel, l’objet d’une sortie sur le terrain d’une importante commission technique de wilaya l’année passée, ordonnée par le wali précédant, en l’occurrence M. Maaskri. Une commission qui s’est attelée au recensement de plusieurs points noirs le long des 15 km entre le lieu de captage, la chambre des vannes et le répartiteur, situé au niveau du village vieux Saharidj. Malheureusement, les décisions prises sur place par la dite commission, et portées sur procès-verbal, n’ont jamais été exécutées, dont celle d’un engagement ‘’en urgence’’ d’un bureau d’étude spécialisé, pour mettre fin au gaspillage et aux avaries à répétition. Cette crise d’eau s’est accentuée depuis la mi-juin à travers toutes les communes, à tel point qu’il est constaté un défilé quotidien de tous les maires de la daïra vers ce répartiteur de Saharidj, pour quémander un peu d’eau auprès de l’agent chargé du réglage des vannes de distribution. Des demandes auxquelles ne pouvait répondre favorablement cet agent vu la baisse de plus de la moitié du débit qu’il reçoit. Ceci est d’abord dû à la baisse du niveau de la source de captage, mais aussi à la mauvaise répartition et distribution au niveau des villages de haute montagne, tels qu’Ath Illiten, Ath Hemad, Imri et Ath Oualbane, dont le quota du liquide est puisé sur le réseau du transport avant l’arrivée au répartiteur et qui échappe à tout contrôle, selon une source proche de ce secteur. Selon un élu de M’Chedallah, qui suit de près la gestion de ce précieux liquide, une petite enveloppe d’une dizaine de milliards de centimes aurait suffit, pour reprendre toutes ces anomalies constatées sur le réseau du transport et mettra fin à cette longue crise à l’origine de la montée au créneau des citoyens de la daïra de M’Chedallah. Il y a lieu de rappeler que l’opération de rénovation des équipements de la station du barrage Tilesdit de Bechloul, deuxième important réseau de l’ AEP de la daïra, lancée depuis le début de l’année, a aggravé les choses, en plus d’accuse du retard, malgré la pression exercée sur l’entreprise de réalisation par l’actuel wali. A cela s’ajoute un manque flagrant de moyens palliatifs, tels que les camions-citernes, pour réduire cette crise qui risque de perdurer.
Oulaid Soualah
