TIZI-OUZOU Des incidents nocturnes évités de justesse au camp d’Azib Ahmed – Les migrants africains bientôt relogés

Les réfugiés du Sahel installés dans un camp de fortune près de la gare multimodale de Bouhinoun, sur la rocade Sud de la ville de Tizi-Ouzou, seront officiellement relogés, dans les prochains jours, dans les hangars désaffectés de l’ENIEM, à l’entrée Est de Tizi-Ouzou.

Cette décision, prise hier de concert entre le chef de cabinet du wali et le PDG de l’entreprise ENIEM, intervient au lendemain d’une tentative de «délogement», opérée par les habitants des quartiers limitrophes du camp de fortune, qui ont exigé de les déplacer. Des incidents ont été évité de justesse dans la soirée d’avant-hier lundi au niveau du camp à proximité de la gare multimodale de Bouhinoun, non loin du siège du groupement de la Gendarmerie nationale. En effet, des citoyens du lotissement Bouhinoun, appelé communément «Azghar», et de ceux d’Azib Ahmed, en contrebas d’Ihessnaouène, se sont dirigés vers ce camp pour demander à ses occupants de le démanteler. Des témoins racontent que l’incident a été évité après que des personnes, appelant à la sagesse et à la retenue, sont intervenues. L’intervention de la Gendarmerie nationale a également contribué à l’apaisement des esprits, a-t-on indiqué. Les résidents de ces deux quartiers de la banlieue Sud de la ville de Tizi-Ouzou ont mis en avant l’«état d’insalubrité très avancé» de ce camp qui représente, pour eux, «un danger imminent sur leur santé». C’est d’ailleurs l’argument qui fut défendu par la délégation des résidents ayant eu un entretien avec le chef du groupement de la Gendarmerie nationale, en l’occurrence le colonel Idir Mahmoudia. Celui-ci a promis aux protestataires de transmettre leurs doléances au wali. Joint par téléphone, un résident de Bouhinoun, déclare : «L’ire des citoyens de ces deux villages est monté d’un cran suite à l’agression, dimanche passé à 5h30, d’un citoyen travaillant au Sud du pays, qui allait rejoindre la gare pour prendre le bus vers Hassi Messaoud», précisant que le jeune agressé a été dépossédé de son sac-à-dos. Et de signaler une autre agression survenue la semaine d’avant contre une jeune fille tout près de la passerelle. Plusieurs rapports de citoyens, qui auraient fait l’objet d’agression de la part des occupants de ce camp de fortune, auraient atterri soit à l’administration de wilaya ou à l’APW, soit aux services de sécurité, en sus de dépôts de plaintes, informe également ce résident de Bouhinoun. Une information qu’a confirmée l’élu à l’APW et président de la commission de l’éducation, Hamid Malki : «Nous avons en effet reçu plusieurs rapports sur des cas de dépassements des Nigériens sur nos concitoyens. Dans ces rapports, les villageois de Bouhinoun et d’Azib Ahmed nous ont fait aussi état d’insalubrité de la passerelle couverte d’immondices». Hamid Malki souligne que l’APW a officiellement saisi le wali, dimanche dernier et a fait proposition d’une aide financière pour trouver une solution aux réfugiés : «Nous proposons même une aide pour permettre à la direction de l’éducation de scolariser les enfants des réfugiés», dira-t-il encore. À signaler qu’hier matin, une délégation de l’administration de wilaya, accompagnée par le représentant de la Gendarmerie nationale, s’est entretenue avec le PDG de l’ENIEM, sollicité pour mettre à la disposition des autorités locales les hangars désaffectés ayant déjà servi pour reloger les sinistrés du séisme de mai 2003. L’opération de transfert du camp de Bouhinoun devrait donc être entamée dans les prochains jours, vers ces hangars de l’ENIEM, a-t-on appris hier auprès des services de sécurité, officiellement saisis pour les besoins de cette opération. Selon eux, ils seraient entre 300 et 400 Nigériens sur le territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou.

Saïd Mendil