Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou – Des milliards de dettes et un déficit budgétaire handicapant

La situation financière de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou semble inquiéter les responsables de cette institution qui parlent d’un déficit budgétaire très important, qui risque de se répercuter négativement sur son fonctionnement.

En effet, selon le Pr Tessa Ahmed, recteur de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, l’établissement fonctionne avec un budget de 6 milliards de dinars seulement. Un montant inchangé depuis 2012 selon ce dernier, malgré l’évolution des besoins et l’augmentation des coûts. 7% de ce budget reviennent aux fonctionnements, c’est-à-dire papiers, bulletins, stages, sorties des étudiants, sachant que la norme selon le responsable et entre 9 et 11%. Les 93% restants, concernent les salaires et les vacations. Actuellement, l’université de Tizi-Ouzou étouffe à cause de l’accumulation des dettes. Toujours selon notre interlocuteur, un milliard de centimes est le montant de l’endettement aux agences de voyages. Ces frais relèvent des dépenses relatives à «l’achat de billets aux étudiants étrangers». Une opération qui se fait conformément aux conventions internationales. «D’ailleurs, cette opération sera compromise pour la rentrée prochaine si les dettes ne sont pas payées», dira notre interlocuteur. En outre, la dette relative aux vacations des enseignants aux soutenances de thèses est de 2 milliards de centimes. S’agissant du budget d’équipement, le recteur parle de 17 milliards de centimes de dettes. Le ministère a payé une tranche de 4,5 milliards de centimes, ce qui laisse la somme de 13,5 milliards impayée, indique-t-on. Pour apaiser la situation financière de l’université, Pr Tessa parle de la somme de 9,5 milliards de dinars. Si l’on établit un comparatif entre le budget annuel alloué à l’université de Tizi-Ouzou et celui alloué aux différentes autres universités à l’échelle nationale, le constat est rapidement fait. «L’université de Tizi-Ouzou est à la traîne, comparée aux autres, bien que son effectif soit beaucoup plus important», a fait savoir le recteur. Avant la restriction budgétaire, en 2012 par exemple, Tizi-Ouzou a été à 6 milliards de dinars, tandis que Batna était à plus de 7 milliards de dinars. L’université de technologie d’Alger était à 7,5 milliards de dinars. Celle d’Annaba, quant à elle, était à 8,9 milliards de dinars. L’université de Constantine a bénéficié d’un budget de 11,7 milliards de dinars. Celle d’Oran de 8,6 et Alger (1) 9,2. En 2015, Tizi-Ouzou s’est vue allouer le budget de 6,2 milliards de dinars, Batna 8,6 milliards de dinars et Alger (1) 7,1 milliards de dinars, sachant que c’est une université moins importante que celle de Tizi-Ouzou. L’université de Technologie d’Alger a reçu 7,3 milliards de dinars. A noter que l’université de Tizi-Ouzou est la deuxième à l’échelle nationale en termes d’effectif estudiantin. Le recteur a fait savoir que la situation est peut-être due «aux prévisions budgétaires qui n’étaient pas à la hauteur». Il promet une transparence dans la gestion de budget et un bilan de l’opération.

Kamela Haddoum.