Un village oublié

Saïd, notre guide, a longuement décrit la situation déplorable dans laquelle se débattent les habitants. A ce titre, l’insuffisance de plusieurs commodités poussent de nombreux citoyens à quitter le village. « Ils sont d’ailleurs nombreux nos habitants qui plient bagages vers la ville de Bouira puisque le manque des moyens les plus rudimentaires font défaut ». La route est l’une des préoccupations majeures des citoyens de Chekouh, lesquels réclament depuis des années le revêtement de leur piste ouverte, pour rappel, en 1978. Cette date a été la première et la dernière fois où la route fut aménagée par les habitants qui ont contribués à l’ouverture de la piste vers le village de Malla. En effet, cette piste de 2 km qui mène vers la localité de Malla (région ouest) est en piteux état. A chaque chute de pluie, les habitants dudit hameau se trouvent dans l’obligation de circuler sur un chemin qui s’apparente à un véritable bourbier. Des fois, les automobilistes sont contraints de laisser leurs véhicules durant plusieurs jours au village de Malla. Par ailleurs, notre interlocuteur nous signale que le réseau d’assainissement réalisé par l’ancien exécutif est entièrement détérioré, selon les dires de Saïd qui a déclaré : « L’absence des fosses septiques fait défaut et il se demandent pourquoi chez nous, en Algérie, les projets ne sont jamais achevés à 100% ». Un autre problème qui se pose avec acuité est la pénurie d’eau potable. D’ailleurs, la quasi-totalité des habitants déclament l’insuffisance d’eau pendant toute l’année. « Que ce soit en été ou en hiver, nos familles sont privées de ce liquide et ce sont les familles de Thawsawth, un bourg situé en bas du village qui sont le plus pénalisés par cette crise permanente », a enchaîné Saïd. Pour ce faire, des enfants et des femmes munis de jerricans et de bêtes de somme prennent la direction des rivières afin de s’approvisionner en eau. Notons qu’un projet est en cours d’exécution afin de réaliser un château d’eau. Les travaux sont en voie d’achèvement mais les citoyens ignorent si le projet va alimenter tous les foyers de Chekouh. Les jeunes de ce hameau sont livrés à eux-mêmes puisque les opportunités de travail n’existent pas. A souligner qu’un projet de confortement d’un tunnel de Oued Djemaâ est implanté à quelques mètres des foyers de Chekouh. Un projet qui, pour rappel, est confié à un groupement algéro-allemand mais aucun chômeur dudit village n’est recruté, « sauf quelque 5 agents de sécurité, mais personne pour la main-d’œuvre », a déclaré Saïd en colère. A ce titre, il annonce que la plupart des gens employés au tunnel sont issus des autres régions. Il a dit à ce sujet : « Nous ne sommes pas des régionalistes mais tous des Algériens, comme l’a annoncé à maintes reprises Ahmed Ouyahia, ceux qui habitent à la proximité d’un projet devraient être avantagés tout de même ». En somme, les habitants de Chekouh sont abandonnés par les pouvoirs publics et il est temps d’envisager une solution d’urgence. D’ailleurs, une requête a été adressée au premier responsable de la wiliaya afin de prendre en considération les problèmes des habitants.

A. Fedjkhi