Aït Yahia Moussa – Les fellahs réclament des pistes

«En principe, elle allait être ouverte en 2008. Mais depuis, on ne voit rien venir», nous confie un agriculteur de Tafoughalt, village qui jusque-là n’est pas encore touché par les feux de forêts. Il s’agit bien sûr d’une piste agricole, dont le tracé a été déjà fait. «Nous étions sortis avec tous les services. Certains oliviers gardent encore les marques de peinture. On ne voit pas pourquoi elle n’a pas été lancée», nous répond un ex-membre du comité de village « Tadukli n’Tfughalt ». Pour une partie des terres situées sur ce vaste territoire, fort heureusement, les entreprises qui réalisent la pénétrante vers l’autoroute Est-Ouest ont ouvert quelques accès, qui pourraient être utilisés en cas d’incendies. Alors que la majorité des terres n’est pas dotée de pistes anti-feux. «Puisque le ministre de l’Agriculture a déclaré avant-hier à Tizi-Ouzou qu’il fallait renforcer les pistes agricoles, nous réitérons notre appel en direction des responsables de l’agriculture, afin de relancer ce projet vieux de presque dix ans», insiste un autre agriculteur. D’ailleurs, même le comité de village compte relancer cette idée. «S’il y a lieu de contacter les services agricoles, nous allons le faire incessamment. Le projet dont parlent les oléiculteurs en particulier était une piste de plusieurs kilomètres, qui ferait la ceinture du village. Ce sera un moyen urgent à réaliser afin de préserver les oliveraies ayant échappé aux feux de forêts des années précédentes», estime un membre actuel du comité de village. En tout cas, la catastrophe de la semaine passée a quelque peu poussé tous les citoyens à prendre conscience de la gravité de la situation, et à craindre ainsi de subir le même sort. Aussi, les djemââs du village devront se réunir incessamment, afin de prendre un train de mesures pour éviter que ce qui vient de se produire dans les autres villages n’arrive à Tafoughalt. «Pour le moment, le cimetière du village, qui s’étale sur plusieurs hectares a été entièrement nettoyé, mais il faudrait aussi que tous les habitants désherbent et nettoient devant chez eux. On ne doit pas attendre que les services communaux viennent nettoyer devant nos portes», juge de son côté un autre villageois. Il est à rappeler que durant les années 2012 et 2014, des centaines d’arbres fruitiers et oliviers avaient été décimés par les flammes.

A. O.