Jamais de mémoire des citoyens de la région de M’Chedallah et de toute la vallée du Sahel le sirocco n'avait duré autant de jours, soit une semaine entière.
Ce phénomène naturel a mis la région sous une serre brûlante et étouffante, composée d’une couche épaisse de poussière grise émanant du vent de sable dénommé Sirocco que les vents dominants Sud-nord, qui sévissent en cette période, ont entraîné vers le nord. C’est un climat authentique du désert qui a plongé toute la vallée du Sahel dans une chaleur torride et étouffante, aggravée par un taux d’humidité anormalement élevé. Ce dernier, précisons-le, est dû aux deux barrages Tilesdit (Behloul) à l’Ouest et Tichy-Haf (Béjaïa) à l’est. Deux ouvrages qui ont pris la région en sandwich. À signaler que les deux points d’eau sont à l’origine d’un microclimat qui s’est installé pour de bon depuis ces cinq dernières années, soit depuis leur mise en service. Ces deux phénomènes naturels (humidité et hausse des températures) réunis ont complètement bouleversé les traditionnelles conditions climatiques de la région. A l’heure actuelle, les communes d’Ahnif et d’Ath Mansour commencent à être recouvertes d’une fine poussière du sable du Sahara, charrié par les vents dominants et les tempêtes de sable, comme en témoigne la dernière tempête de vendredi dernier durant laquelle il a plu de la fine poussière salissante et humidifiée.
Les récoltes à venir compromises
Bien entendu, ce phénomène naturel n’est pas sans engendrer des conséquences catastrophiques sur la totalité des récoltes de saison dans la région. A commencer par celle des figues fraîches. Ces chaleurs torrides ont, en effet, accéléré le processus de maturité de ce fruits. Ceci s’est, d’abord, résulté par la perte de plus de la moitié de la première série dénommé «Tasentith» en kabyle. Sur les hauteurs de Saharidj et Aghbalou, où la culture de la figue est très répandue, au niveau des champs, les agriculteurs font état d’un tapis épais des grains immatures sous les figuiers. Pour les plus résistantes des figues, leur peau est en partie asséchée et endurcie et elles ont perdu goût et qualité. Dans la plupart des figueraies, notamment celle exposées aux vents dominants venant du Sud, le feuillage commence à virer précocement au jaune. Un décor auquel l’on assiste d’habitude à la fin de l’automne. Les agriculteurs s’inquiètent beaucoup plus pour les arbres qui risquent de mourir, l’un après l’autre, si cette terrible canicule persiste encore. Le même effet de maturité accélérée et précoce est constaté sur les figues de barbarie, dont la croissance a été stoppée nette par une absence prolongée de pluies et les températures anormalement élevées. Il faut noter que la figue de Barbarie est le fruit le plus résistant à la chaleur. Mais cette canicule est parvenue tout de même à l’affecter, ce qui revient à dire qu’aucune autre récolte ne sera épargnée. Sur les oliviers, les grains se sont définitivement formés et leur croissance a été brutalement interrompue par cet infernal climat. En effet, les grains rachitiques et déshydratés pendent lamentablement au bout des branches. Les oliviers irrigués que beaucoup croyaient à l’arbi sont, eux aussi, durement affectés, et ce à cause des départs d’incendies en série dans les régions limitrophes de Tizi-Ouzou et de Béjaïa. Pour les nombreux agriculteurs abordés à ce sujet, la prochaine récolte n’augure rien de bon.
Oulaid Soualah

