Seddouk M. Djamel Tigrine, P/APC – «Aucun programme d’électrification depuis 5 ans»

Les programmes d’extension du réseau électrique émargent aux abonnés absents dans la commune de Seddouk. Il faut convenir que des efforts colossaux ont été fournis par les pouvoirs publics en matière d’électrification rurale, pour acheminer cette énergie jusqu’aux patelins les plus reculés, et hisser le taux de couverture à des niveaux fort appréciables. Cependant, des programmes de rattrapage périodiques sont plus qu’indispensables, pour répondre à une demande en croissance soutenue. À ce titre, «aucun programme n’a été accordé à la commune depuis 5 ans», nous fait savoir M. Djamel Tigrine, premier magistrat de la commune, indiquant que des centaines de foyers se retrouvent aujourd’hui sans électricité. L’édile communal informe que les bâtisses non alimentées en énergie, relèvent essentiellement de constructions réalisées dans le cadre du programme de promotion de l’habitat rural, appuyé par le fonds national du logement (FONAL). «Pratiquement, tous les villages et localités de la circonscription, de même que le chef lieu communal, comptent des foyers non raccordés au réseau électrique», ajoute le P/APC. Des citoyens des villages Zounina et Seddouk Oufella, affirment avoir fait antichambre auprès de toutes les instances concernées, afin d’obtenir un hypothétique branchement. Sans résultat. «Toutes nos doléances sont restées lettres mortes», déplore un villageois. «Les réponses des autorités ont emprunté la voie des promesses sans lendemains. Parfois, on nous a opposé un mur de silence, qui n’est en réalité qu’une fin de non recevoir déguisée», enchaîne sur un ton de dépit, un autre citoyen de Zounina. De s’être montés le bourrichon, informe-t-on, les infortunés villageois ont fini par opter pour des solutions de fortune. «Grâce à la générosité d’un voisin qui m’a refilé de l’énergie, j’ai bricolé une ligne sur une centaine de mètres pour ramener du courant chez moi», témoigne un vieillard de Takaâts, avouant que cette pratique de rétrocession a tendance à essaimer aux quatre coins de la commune. «Les gens recourent au système D, pour se tirer de la mauvaise passe. Les pouvoirs publics doivent prendre conscience que ces solutions sont aussi provisoires que dangereuses», alerte un père de famille du village Sidi El Moufok, tout en plaidant pour un règlement proche de ce problème.

N. Maouche