La commune d’Aïn El-Hammam souffre d’un manque cruel de logements. Hormis les maisons privées qui y voient le jour de temps à autre, on ne parle plus à l’ex-Michelet de constructions relevant du domaine étatique.
Le dernier projet ayant suscité beaucoup d’espoirs, qui a vu un début de réalisation à la cité Sidi Ali Ouyahia, est à l’arrêt. La construction de cet ensemble de logements sociaux, «en dix huit mois», disait-on à l’époque, a été décidée dans l’urgence pour faire face au relogement des habitants des immeubles détruits au centre-ville. Le surplus était destiné aux citoyens les plus défavorisés. Plus de deux années après sa date prévue de livraison, les carcasses hideuses, polluant le paysage, sont abandonnées, en attendant «que quelqu’un daigne secouer le cocotier», dit un responsable. Appelés tantôt «les 45 logements», tantôt «les 45/48», les bâtiments dont les carcasses ont vu le jour à Aïn El Hammam, il y a cinq ans environ, ne semblent pas près d’être achevés. A l’arrêt suite à des problèmes «de non-respect des plans», selon un élu à l’APC, le chantier a englouti des milliards. Les demandeurs de logements sociaux, qui passent aux alentours de ce quartier d’habitation de Sidi Ali Ouyahia, sont chagrinés de voir tant des appartements inachevés, dont la réalisation devait faire le bonheur de plus de quarante familles. C’est le cas de Hamid, un père de deux enfants, qui habite une vieille bâtisse et dont la demande de logement social «est recouverte de poussière au niveau de la daïra», déplore-t-il. Personne ne semble capable de débloquer la situation, puisque toutes les autorités ont été informées des tenants et aboutissants de cette «affaire». A signaler que les sinistrés des bâtiments du centre-ville de l’ex-Michelet avaient été recasés «provisoirement» dans des immeubles construits au profit de la commune d’Aït Yahia, dont les mal-logés attendent toujours qu’on leur «restitue leurs biens». Mais à ce rythme, ça risque de tarder encore. Une chose est sûre, plusieurs immeubles risquent de tomber en ruine. La région se retrouve pénalisée doublement, en ce sens que les démunis ne peuvent bénéficier des logements, dont ils ont attendu la construction pendant des années, et l’une des rares assiettes de terrain dont dispose la mairie est occupée inutilement. Faut-il alors démolir ce qui a été construit à coup de millions pour récupérer le terrain, ou faut-il laisser le temps faire son action ? En tout cas, d’aucuns pensent qu’une décision, même difficile, doit être prise par les responsables au niveau local ou de la wilaya.
A. O. T.

