Un géant disparaît

Il nous a quittés. Son image a certes disparu, mais sa voix de stentor continuera toujours à faire vibrer le péristyle de la mosquée de Sidi el Mouhoub. Il n’y a aucune inégalité devant la mort, celle-ci comme un aimant nous attire. Accompagné jusqu’à sa dernière demeure par une foule immense et silencieuse, témoin de sa dévotion et de sa piété, le grand cheikh de Béjaïa a par sa disparition, choqué toute la population béjaouie. Oui, M. Belmouloud Allaoua, appelé communément « Si Allaoua » est parti rejoindre la pure race des pieux. Il s’est éteint le vendredi aux environs de la prière du Asr à un âge dépassant les 80 ans. Rongé par la maladie qui l’a emporté et dans une faiblesse accrue mais toujours serein, il n’a à aucun moment renoncé à être présent aux heures de prières, car il n’attendait pas se priver d’aucun privilège que Dieu, pourrait lui accorder. Ses prêches tenus dans une attitude d’humilité et de foi faisaient le plein dans la mosquée. Rappelé à Dieu, il serait vain, voire inutile de pleurer sa disparition au demeurant, il lui faut être reconnaissant pour son enseignement riche de connaissances et de savoir qu’il dispensait aux fidèles particulièrement à la classe juvénile en matière d’éducation religieuse. « La marée humaine qui l’a accompagné avec à sa tête des élites du culte est un signe de reconnaissance », ont déclaré ces derniers lors de l’oraison funèbre. N’est-ce pas là aussi un signe de compassion à toute sa famille. On ne pleure pas les Ulémas, ils ne meurent jamais car même dans l’au-delà, ils emportent avec eux en guise de victuailles un trésor inestimable que sont le Coran et la Sunna. Assurément, leur place est acquise auprès du Seigneur des mondes. Que Dieu t’accorde sa Sainte Miséricorde et t’accueille dans son vaste paradis.

Mansouri Aomar