L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi portant sur la définition des fêtes légales. Le 19 juin, appelé officiellement « Anniversaire du redressement révolutionnaire », en fait célébrant le coup d’Etat de juin 1965, a été, comme on s’y attendait, supprimé. Par contre, le 1er Yannayer, correspondant au 12 janvier, et appelé « Jour de l’an amazigh », n’a pas été retenu. L’Assemblée nationale a rejeté l’amendement proposé, dans ce sens, par un député. Pourtant, »techniquement », l’introduction de Yannayer était très aisée puisqu’il devait prendre la place du 19 juin: aucune journée chômée supplémentaire ! Alors il faut chercher ailleurs les raisons d’un refus ! Nous ne discuterons pas ici de ces raisons, défendons seulement Yannayer comme une des caractéristiques culturelles des Algériens et des Maghrébins, au même titre que l’année chinoise est une particularité du peuple chinois: particularités que l’adoption du calendrier universel et plus d’un demi-siècle de communisme, n’ont pas effacée. Les arguments de ceux qui disent que Yannayer n’est pas algérien ou bien-ce qui revient au même dans leur esprit sectaire-une manifestation typiquement kabyle ne tiennent pas la route. On a vu, cette année, et les années précédentes, que le jour de l’an amazigh est fêté sur tout le territoire algérien, sans exception et en premier dans les régions non kabylophones et même non berbérophones comme l’Oranie. L’Assemblée, censée représenter la volonté du peuple, s’opposerait-elle à cette volonté ? Yannayer est de ces fêtes qui réunissent tous les Algériens qui partagent, en dépit des différences linguistiques, un même fonds culturel commun et un même passé. ll est plus qu’urgent de le reconnaître.
S. AÏt Larba
