Le danger guette des bâtisses en plein chef-lieu

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Rien n’est réglé dans l’épineux problème de glissement de terrain qui ne semble pas s’estomper dans la région de l’ex-Michelet, particulièrement au chef-lieu de la municipalité. Cela dit, comme un «secret défense», on en parle du sujet qu’à petite voix. Et pendant ce temps, le mouvement affecte sans discontinuer le centre-ville d’Aïn El-Hammam. Mais ni les autorités, ni les habitants ne semblent chauds à communiquer sur le sujet, visiblement de peur d’affoler la population. Les propriétaires de logements, eux aussi, évitent d’en parler de peur de dévaloriser leur bien qu’ils céderont au plus offrant dès la première occasion. Cependant, le constat est édifiant. Des failles apparues dans des murs s’élargissent à vue d’œil, chaque jour un peu plus. Bien qu’ils tiennent debout, certains bâtiments paraissent vivre en «sursis», vu les lézardes qui y apparaissent périodiquement. La plupart des locaux construits au ras du sol du marché sont abandonnés par leurs propriétaires. Les commerçants de la grande rue n’en finissent pas de retaper le trottoir qui s’enfonce périodiquement, s’éloignant un peu plus du niveau du plancher. Les lézardes sont visibles partout dans les cages d’escaliers et sur les façades des immeubles. La tuyauterie servant à l’alimentation de la ville en eau potable, cède par intermittence sous l’effet du glissement du sol, agaçant les services des eaux qui n’en finissent pas de réparer les fuites. Le glissement de terrain ne peut s’effectuer sans des conséquences sur le réseau d’égout. Les buses en ciment se cassent souvent, ou se détachent des regards en béton, laissant couler vers la surface des eaux noirâtres. Les ouvriers de la mairie sont souvent à pied d’œuvre sur la grande rue, entre le monument et la mairie pour colmater les brèches avec leurs maigres moyens. Le quartier d’Aït Yahia ne semble pas épargné. Lors des orages du début du mois de juillet, des boursoufflures, suivies d’une crevasse, sont apparues au niveau du carrefour des horloges, sans raison apparente. Bien que rebouchée pour le moment, elle ne tardera pas à refaire son apparition dès l’arrivée des pluies. Les études du sol, réalisées «par satellite», il y a plus de cinq ans, par un laboratoire français ne sont pas encore rendues publiques, nous a-t-on informé. Quant aux propositions devant stabiliser le terrain, rien ne filtre jusqu’à maintenant.

Le maire Lyazid Ould Taleb appelle à accélérer les études

Les citoyens parlent de fortes «dépenses inutiles puisque l’étude du sol a conclu à ce que nous savons déjà c’est-à-dire que le sol n’est pas stable».Un argument qui entrave la reconstruction de certaines bâtisses dont les propriétaires ne peuvent prétendre à un permis de construire. Les responsables (plusieurs walis et ministres) qui ont visité l’ex-Michelet depuis une dizaine d’années, ont promis, à tour de rôle d’«étudier la question», sans qu’aucune suite ne soit donnée à leurs promesses. La population demande à savoir si des mesures sont prises pour sauver Michelet? Contacté, le maire de la municipalité, la seule voix officielle qui a consenti à parler sur le sujet, dit : «Jusqu’à maintenant, on n’est toujours pas édifiés sur ce qui a été fait ou doit se faire. Pas plus loin que la semaine dernière, j’ai été à la wilaya et on m’a rétorqué que l’étude est toujours en cours», dira Lyazid Ould Taleb, maire d’Aïn El-Hammam. Ce dernier rappelle que le sujet nécessite une véritable prise en charge et l’APC qu’il préside n’y peut malheureusement rien. «On a tapé à toutes les portes et on a eu plusieurs promesses. Tous les walis quasiment, de Bouazgui à aujourd’hui, ont tous fait le déplacement à Michelet pour s’enquérir du problème, mais à chaque fois il est question d’études à faire et ça a tendance à prendre beaucoup de temps. Tout le monde sait que le problème remonte à au moins cinq ou sept ans, et tant que rien n’est fait le danger, lui, prend plus d’ampleur», regrette le maire de Aïn El-Hammam qui reste, toutefois, confiant que «les autorités sont conscientes de la situation et des études sont en cours mais la situation urge», conclut-il.

A. O. T.

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