Il est l’un des métiers artisanaux qui résistent encore à l’industrialisation tous azimuts et aux temps modernes. Il s’agit de l’aiguiseur ou l’affûteur de couteaux. A quelques jours de la fête de l’Aïd El-Adha, des affûteurs de couteaux ont fait leur apparition à proximité du marché couvert de la ville de Tazmalt. Offrant leur service pour aiguiser les outils tranchants domestiques qui seront utilisés durant la prochaine fête sacrificielle, comme les couteaux, les couperets, les haches, les machettes,… bref tout ce qui aidera les ménages à dépecer et découper en morceaux le mouton. Une fois n’est pas coutume, la scène « qu’offrait » un aiguiseur semble sortir d’un temps lointain, tellement ce métier ne fait presque plus parler de lui de nos jours. Muni d’un aiguiseur électrique, un monsieur, la cinquantaine, s’affairait à affûter des couteaux remis par des pères de familles afin de les rendre plus tranchants et leur redonner un second « souffle ». Avec une dextérité qui en disait long sur la maîtrise de ce métier, le quinquagénaire affûtait au fur et à mesure des couteaux et autres outils tranchants pour les tendre, en fin de compte, aux clients tous contents de voir leurs lames requinquées pour l’occasion. «Il est vrai qu’il n’y a pas mieux que de s’offrir les services d’un affûteur de couteaux qui maîtrise bien le métier. Je possède un vieux couteau pour l’immolation du mouton. Et comme dans la tradition du sacrifice, il ne faut pas faire souffrir la bête à immoler en évitant de lui trancher la gorge avec un couteau non aiguisé, j’ai pensé à remettre mon couteau à ce brave monsieur (l’affûteur, ndlr) pour le remettre à neuf !», affirme un chef de famille de Tazmalt. Pour sa part, l’artisan affûteur a livré son impression sur ce métier qui a carrément disparu de nos contrées, sauf au sud du pays où il est toujours en vogue. «De nos jours, l’affûtage et le travail des couteaux ne fait plus vivre. Avec la fabrication industrielle, ce métier a disparu dans notre région. Pour ma part, étant connaisseur dans ce domaine, je prends soin d’aiguiser les couteaux et autres objets tranchants domestiques pour les ménages à la veille de l’Aïd seulement !», assure-t-il.
S. Y.

