Salle de jeux, café et tabac pour les jeunes

Comme partout ailleurs, le chômage a atteint un seuil alarmant dans la commune d’Ath Laâziz où rien ne vient changer la situation des jeunes. A Ath Laâziz, circonscription implantée au Nord de la ville de Bouira, le taux de chômage dépasse les 50%. Le visiteur non averti, de passage dans les villages et hameaux de ladite localité, constate l’état regrettable et la mal-vie, dans lesquels vivent les centaines de jeunes villageois. Ces jeunes sans emploi, qu’ils soient diplômés ou ayant quitté les banc des écoles, ne savent plus à quel saint se vouer et pensent être marginalisés par les pouvoirs publics. Lors de la tournée qui nous a conduit dans quelques villages, nous avons pu constater comme partout ailleurs, que ce sont les cafeterias et les salles de jeu qui « accueillent » cette masse juvénile. A Amen Greur, un jeune attablé dans un café nous dira : « Les jeunes de notre bourgade, dont la plupart vit ici et je vous assure que le taux de chômage atteint les 80%, aucun projet n’existe afin que nos jeunes bénéficient d’un emploi, les jeunes vivent le martyr.  » Il est utile de souligner que ce village est situé au centre de la localité d’Ath Laâziz, ce qui permet aux centaines de villageois de se regrouper quotidiennement. Le propriétaire d’une cafeteria nous a déclaré « des fois je sers un seul café pour quatre jeunes… ». Notre interlocuteur nous affirme que même les collégiens y passent leur soirée jusqu’à une heure tardive de la nuit. Face à cette situation, de nombreux adolescents cèdent au tabagisme. Dans la localité de Malla traversée lors de notre périple, nous avons pu constater que les jeunes y subissent le même sort que ceux d’Amen Greur ou des autres villages de la commune. Un groupe de jeunes nous dira « c’est comme si nous n’étions pas des Algériens, nous sommes marginalisés, pas de travail, que des promesses.  » Ils accusent les responsables locaux de ne pas avoir tenu leurs engagement. « Ils n’ont besoin de nous qu’en campagne électorale, afin de nous proposer un programme « de promesses » nous révèle un jeune en colère. Il convient de souligner que le fléau de la toxicomanie touche même les collégiens scolarisés au CEM de Malla.  » En fait vers midi, à la sortie des élèves pour déjeuner, nous avons aperçu un groupe de collégiens, cigarettes et boites de chique entre les mains. Face à cette triste situation, nous nous demandons où se situent la responsabilité des parents et celle des pouvoirs publics. L’absence des infrastructures sportives et culturelles pousse certains jeunes vers la délinquance. Djamel un sportif nous lance « C’est ce que l’on appelle dn sabotage, notre interlocuteur accuse les autorités locales d’avoir bafoué leur rêve, puisque l’aire de jeu où ils pouvaient jouer au football a été détériorée par un entrepreneur « sans ou avec » l’autorisation des responsables.  » Les jeunes d’Ath Laâziz lancent un appel aux pouvoirs publics afin de leur venir en aide.

A. Fedjkhi