Considéré comme l’une des priorités dans le secteur des travaux publics à Béjaïa, le wali, Mohamed Hattab, a inspecté, avant-hier, le projet de réalisation de l’échangeur des Quatre Chemins qui accuse un retard de plusieurs mois.
Un retard qui a, malheureusement, mis les automobilistes à rude épreuve tout au long de la saison estivale. En effet, les milliers d’estivants qui ont pris d’assaut la wilaya de Béjaïa durant l’été pour profiter de ses magnifiques plages, ainsi que les citoyens de la région, ont enduré le calvaire suite aux embouteillages monstrueux créés par les travaux de cet ouvrage d’art. Avant-hier, le wali de Béjaïa a insisté auprès des responsables de l’ENGOA, l’entreprise nationale en charge de réaliser ce projet, pour que cet échangeur soit mis en service au plus tard fin avril 2018, soit à un mois du début de la prochaine saison estivale. Aucun retard ne sera désormais toléré, tant les multiples contraintes et réserves soulevées par les responsables de l’ENGOA ont été toutes réglées. «Toutes les contraintes ont été levées grâce à l’intervention du wali au niveau des services concernés. Le chef de l’exécutif a instruit le responsable de l’entreprise chargée de réaliser ce projet afin de réduire les délais de réalisation. Sa réception est prévue pour la fin avril 2018», a affirmé la cellule de communication de la wilaya. Pour sa part, l’un des conducteurs des travaux de ce chantier a expliqué au wali de Béjaïa que le retard flagrant accusé a été imposé par des contraintes qui ne dépendaient nullement de la volonté de l’entreprise. Trois principaux problèmes rencontrés sur le terrain ont influé négativement sur le rythme des travaux, a-t-on soutenu. Il s’agit du problème épineux du déplacement des réseaux (électricité, gaz et assainissement), de l’obligation de travailler sous une circulation routière intense et l’impossibilité de lancer simultanément la réalisation d’autres ouvrages à cause de l’exigüité du site du chantier. À noter, d’ailleurs, qu’une adaptation de l’étude du projet en fonction des contraintes rencontrées au cours de l’exécution des travaux était inévitable. À tous ces problèmes d’ordre technique, il faut ajouter le non règlement à temps des situations financières de cette entreprise. Par ailleurs, avant-hier, les responsables de l’entreprise réalisatrice de ce projet ont présenté devant le wali de Béjaïa, tel qu’il leur a été exigé lors d’une réunion de travail, «un planning d’interventions afin d’avoir une vision claire du projet et rattraper le retard». Pour rappel, ce projet a été inscrit en 2010 dans le cadre du plan national de consolidation à la croissance économique. La réalisation de cet échangeur, qui renferme six ponts suspendus sur 182 pieux, rendra le trafic automobile plus fluide au centre-ville de Béjaïa, notamment avec la réorganisation de la circulation à hauteur de la nouvelle gare routière de Béjaïa et d’un passage à niveau. Un délai initial de 24 mois a été fixé à l’entreprise nationale des grands ouvrages d’arts (ENGOA) pour livrer ce projet. Toutefois, un pont seulement sur les six prévus a été mis en service en 2014, depuis le démarrage des travaux en 2012. Une fois la totalité de ces ponts réalisée, les croisements de véhicules au niveau de l’actuel carrefour des Quatre Chemins seront entièrement supprimés. Pour cause, l’un des six ponts liera directement la RN12 à la RN9, et l’autre débouchera sur la nouvelle gare routière de Béjaïa. À souligner, enfin, que le ministère des Travaux publics a consacré une enveloppe financière de l’ordre de 2 milliards de DA pour la réalisation de ce projet d’envergure.
Boualem S.

