Le dispensaire en hypotension

Partager

Celui-ci s’efforce, tel que constaté de visu, à accomplir sa mission en improvisant des situations de confort aux malades qui affluent, quotidiennement, par centaine. Si l’extérieur de la bâtisse offre l’image d’une infrastructure en bonne santé, il n’en est pas du tout pareil pour son intérieur où les murs sont lézardés- le tremblement de terre de 2003 a apposé également son empreinte de dégât-, le plafond dégradé par l’humidité et les portes et fenêtres ressemblent, à ne point exagérer, à ceux des offices de la crypte. Pas moins de 2000 patients reçoivent, mensuellement, des soins (injections et soins chirurgicaux), et près de 1000 autres pour des consultations médicales dans ce petit dispensaire. C’est énorme par rapport à la capacité d’accueil de ce centre qui voit défiler les populations de Fréha (25.000 habitants), et ceux des localités avoisinantes telles Tirsatine (Azazga), Chaoufa (Mekla), hameaux et villages des Aghribs et plusieurs villages de la commune de Timizart. 80% des citoyens de cette commune préfèrent être soignés à Fréha où cinq officines de pharmacies exercent et assurent la permanence durant les week-ends et jours fériés. Une situation qui implique nécessairement l’extension de cette infrastructure construite à une époque où la localité contenait moins de 15.000 habitants, soit dix mille âmes de moins qu’en 2005. Ce fût à cette époque également que ce centre de soins disposait d’une ambulance. Celle -ci est d’ailleurs vivement réclamée par les citoyens ayant appuyé une pétition engagée par les comités des villages et adressée à la tutelle de la santé en décembre dernier. Si le directeur de l’hôpital d’Azazga, qui est également le directeur du secteur sanitaire de la daïra, affirme que l’affectation d’une ambulance au dispensaire de Fréha n’est pas à l’ordre du jour, les citoyens insistent pour que ce véhicule d’urgence soit disponible. Une sorte de paradoxe se fait sentir en évoquant les arguments des uns et des autres à propos de la nécessité d’une ambulance. Ainsi, le directeur du secteur qui arbore la réglementation spécifiant qu’un centre de soins n’assurant pas la garde ne pourra être doté d’une ambulance, les citoyens brandissent justement l’inexistence de la garde de nuit comme argument fort pour que ce véhicule y soit affecté. «Faudra t-il comptabiliser des malades qui risquent de mourir au cours de leur évacuation vers l’hôpital d’Azazga pour que les autorités daignent enfin instaurer la garde et affecter cette ambulance?», fulmine un membre du comité de village. Certains citoyens voient que le salut pour ce véhicule d’urgence ne peut venir que du ministre de la solidarité, M. Ould Abbas, qui a parcouru la quasi-totalité des localités de la wilaya sauf la leur où soit des bus, soit des ambulances ont été gracieusement offerts par ce ministre. Concernant la structure interne de ce centre de soins, nous avons appris que la mairie de Fréha a réservé une enveloppe de 38 millions de centimes pour sa réfection. Les travaux débuteront très “rapidement”, a-t-on également appris auprès d’un fonctionnaire de la municipalité. A ce propos, le directeur du secteur sanitaire d’Azazga nous a informés que les horaires de travail seront revus dès l’achèvement de ces travaux. Une garde devra être assurée de 8h à 19h par les paramédicaux. Ce dispensaire qui assure également la maternité enregistre un déclin en admission. D’ailleurs, les natalités sont en baisses constantes. «Les parents des femmes qui arrivent à terme de leur grossesse ne s’aventurent pas vers ce centre à cause justement de l’absence de l’ambulance nécessaire en cas de complications», avoue un infirmier. Quant au médecin scolaire, ses tournées aux écoles s’effectuent avec la voiture personnelle d’un paramédical. Le cabinet dentaire n’assure plus les soins et accessoires, hormis les extractions, depuis plus d’une décennie, affirme-t-on également. L’amélioration notable est constatée uniquement en matière d’approvisionnement en consommable chirurgical. Cela n’empêche pas de tomber sur des cas de pénuries durant les périodes où l’affluence est très conséquente. A ce sujet, le directeur a réfuté tout argument de pénurie qui pourrait être avancé par les praticiens de ce dispensaire. Pour lui, «celui qui prétendra le manque du consommable doit assumer ses dires et il sera passible de sanctions, car nous n’avons jamais cessé d’alimenter régulièrement et en quantités très suffisantes l’ensemble des centres de soins de la daïra».

M.A.T.

Partager