Ras Bouira – Des protestataires bloquent l’accès au CET

Des dizaines d’habitants de Benabdellah, un quartier périphérique de la ville de Bouira, ont bloqué l’accès au centre d’enfouissement technique (CET) de Ras Bouira pour attirer l’attention des autorités locales sur les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Selon M. Hamdani, président de l’association sociale Assirem, le quartier Benabdellah enregistre beaucoup d’insuffisances et sa population en souffre depuis plusieurs années. Notre interlocuteur cite des problèmes de transport public et scolaire, de l’éclairage public, d’eau potable, du ramassage des ordures et d’assainissement. Au sujet du transport des voyageurs, le président de l’association expliquera que jusqu’à tout récemment, il n’y avait pas de ligne desservant le quartier et l’actuelle ligne remonte à juste une année. Seulement et selon notre interlocuteur, un problème s’est posé avec les transporteurs lesquels refusent de desservir le quartier. «Nous nous sommes battu pour arracher une ligne de transport mais les moyens de transport demeurent insuffisants. Nous demandons à ce qu’elle soit renforcée avec plus de moyens», a confié M. Hamdani. Toujours dans le chapitre du transport, le président de l’association a évoqué l’absence du transport scolaire pour les écoliers qui en souffrent, surtout en hiver. «Le seul bus affrété au quartier pour le transport des écoliers a cessé de travailler pour manque du budget. Après notre protestation, une navette a été mise en place mais cette année encore, celle-ci a été suspendue», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «on a beau réclamer auprès des services de l’APC et de daïra mais en vain». L’autre problème soulevé par la population de Benabdellah a trait à l’assainissement. Selon les habitants du quartier, le collecteur des eaux usées se déverse sur le terrain d’un privé ; situation qui cause des désagréments à la population. Il y a aussi le problème des pistes agricoles et de la route principale reliant Ras Bouira à Benabdellah. «Toutes les voies d’accès sont dans un état dégradé. Celle menant au CET s’est dégradée en raison des incessants va et vient des camions se rendant à ce centre », confient les mêmes habitants. Ces derniers parlent également de la défaillance de l’éclairage public au niveau des lotissements, d’autant plus que la région est isolée et connue pour la présence d’animaux sauvages. Ceux-ci représentent un risque sur la population surtout les écoliers, notamment en hiver. En outre, le quartier connait des insuffisances en matière d’infrastructures destinées aux jeunes. À ce sujet la population déplore l’absence d’un espace culturel et souhaite un projet d’aménagement d’une aire de jeux. «Nos jeunes ne disposent pas d’espaces de loisirs et n’ont pas où aller. Nous ne voulons pas les perdre, bien au contraire il est de notre devoir de les encadrer et les préserver des vices en leur offrant des espaces éducatifs et sportifs», dira le président de l’association. Ce dernier souligne l’inexistence d’un réseau téléphonique et de fibre optique pour permettre aux habitants d’accéder à l’Internet. L’autre contrainte exposée par les riverains concerne l’école primaire Choudani Ahmed. Selon les habitants, l’école n’est pas sécurisée et enregistre des dégradations. Par ailleurs, il est fait état des problèmes liés à l’alimentation en eau potable. Ils exigent l’installation d’un nouveau réseau car l’actuel est vétuste. «Selon une étude faite par l’ADE, un budget de 750 millions est nécessaire pour la réfection du réseau. Le devis a été remis par les services de l’APC à ceux de la daïra mais il n’a pas été approuvé pour, prétexte-t-on, l’absence de moyens financiers», déclare le président de l’association Assirem qui avoue que lui et les membres de l’association ont pratiquement frappé à toutes les portes et ont reçus beaucoup de promesses de la part des autorités de wilaya pour la prise en charge des doléances des citoyens du quartier, mais qui restent sans suite. Les habitants de Benabdellah affirment que si rien n’est entrepris après leur action d’hier, ils vont recourir à d’autres actions plus musclées pour se faire entendre.

Djamel Moulla