L’aveu du département de Benghabrit

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«Le ministère de l’Éducation a relevé des dérapages dans l’opération de vente des livres scolaires qui ont été vendus notamment dans des hangars, au niveau des marchés et sur Internet, à des prix supérieurs à la valeur fixée.» C’est ce qu’a fait savoir, jeudi, la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit, lors de la conférence régionale sur le livre scolaire qui a regroupé les représentants de 14 wilayas, outre les responsables des centres de distribution du livre scolaire relevant de l’Office national des publications scolaires (ONPS). Et d’ajouter: «Cela est inacceptable au moment où l’Etat s’emploie à mettre à disposition cet outil pédagogique à des prix raisonnables.» Face à cet état de fait, la ministre a fait état de l’élaboration d’un protocole sur le livre scolaire qui entrera en vigueur l’année prochaine. Elle a indiqué que les insuffisances enregistrées concernent des disparités entre les wilayas et entre différents établissements dans une même wilaya. Mme Benghabrit a souligné la nécessité de la coordination entre les différents services concernés par la distribution du livre scolaire, rappelant que l’ONPS avait imprimé près de 70 millions de livres cette année. Interrogée sur la distribution du livre de mathématiques de deuxième année du cycle moyen, la ministre a dit que «sa distribution avait été retardée car l’inspection générale de la pédagogie a demandé sa révision, assurant qu’il sera dans les écoles à partir du 1er octobre.» Il est utile de rappeler que l’association nationale des parents d’élèves ainsi que des syndicats du secteur de l’Education avaient dénoncé le manque de manuels scolaires dans plusieurs établissements scolaires. Selon le porte-parole du conseil des lycées d’Algérie (CLA), Idir Acour, ce manque est dû à «l’incompétence des services du ministère de l’Education qui n’arrivent pas à gérer convenablement l’action de la distribution.» Il a pointé du doigt également, «la mafia du livre scolaire qui pratique la commercialisation informelle des manuels scolaires», a-t-il martelé. De ce fait, M. Achour plaide pour «le retour du monopole de l’Etat sur le livre scolaire.» Par ailleurs, commentant la décision du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, concernant la levée du gel sur les projets du secteur de l’éducation, la ministre s’en est félicitée, estimant qu’ «il s’agit d’une décision judicieuse à même de régler le problème de la surcharge des classes dans plusieurs wilayas, notamment à Alger ouest où l’on recense, cette année, 10 000 nouveaux élèves issus des familles relogées récemment.»

Samira Saïdj

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