La course aux cours de soutien commence

En prévision des examens du bac et du BEF, c’est une véritable course aux cours privés que mènent les parents pour inscrire leurs enfants chez des enseignants dans la région de l’antique Chobae Minicipium. Mais combien sont-ils donc ces élèves tout paliers confondus, qui arrivent à « décrocher » ces places et suivent des cours de rattrapage chez des « particuliers » en dehors des établissements scolaires ?C’est un phénomène qui tend à se banaliser dans toute la société, notamment à l’ouest de la wilaya de Jijel, devant l’échec « scandaleux » du système éducatif depuis l’avènement de l’enseignement fondamental qui n’a en réalité fait, qu’enfoncer le clou dans la plaie et a prouvé à plus d’un titre ses défaillances, après plus de deux décennies d’épreuve sur le terrain. A Taza comme à Azirou tout en passant par le chef-lieu de Ziama Mansouriah, quoique la misère a fini par avoir raison des populations, des parents conscients des enjeux, forcent leur destin et tentent tant bien que mal de payer ces cours à leurs enfants : « Nous n’avons aucune autre alternative pour combler ces lacunes d’un secteur qui ne cesse de montrer ses limites », nous a déclaré L. A. Madjid, parent d’élève et d’ajouter : « De toute manière je ne ménagerai aucun effort pour payer ces cours a mes enfants sur lesquels repose, désormais, tout mon espoir de les voir réussir leurs études et par ricochet en finir avec cette vie de galère que je mène depuis l’Iindépendance ». Devant cette « hémorragie », de véritables entreprises d’enseignement de soutien par petits groupes « complémentaires » de la scolarité ordinaire, ont vu le jour ces dernières années au point où presque à chaque coin de rue des affiches sont placardées invitant les collégiens à ce rapprocher en vue d’une éventuelle inscription « payante » au niveau des locaux privés, et même dans des salons !Selon les informations que nous avons pu avoir auprès des citoyens, ce besoin accru de rattrapage ou de soutien est le résultat des conditions de l’enseignement avec des effectifs non contrôlés, avoisinant les 50 élèves par classe, et de surcroît dans les classes d’examen où les enseignants éprouvent d’énormes difficultés à dispenser des cours adéquats et de là même s’en occuper au cas par cas de leur scolarité. « Cette scolarisation anarchique, massive, se paye dans les pires des cas par la mauvaise qualité de l’enseignement qui se répercute, automatiquement sur le niveau de nos enfants qui ne cesse de se dégrader », nous a déclaré un autre père de famille. Dans cette coquette station balnéaire distante d’une cinquantaine de kilomètres de Jijel, les commentaires différent mais tout le monde s’accorde à dire qu’il faut se « débrouiller » pour se sortir de cette situation qui laisse vraiment à désirer. Pour le coût de ces cours, les parents nous ont avancé que les prix varient entre 400 et 600 DA le mois et, dans les pires des cas, les enseignants exigent d’être payés à l’avance et demandent sans hésitation, le billet de 100 DA pour chaque cours de deux heures. Ces derniers jours, la fièvre monte de plusieurs crans et c’est une véritable course aux cours que mènent les élèves qui tentent tant bien que mal de se « débrouiller » une place pour se préparer comme il se doit et pouvoir franchir les barrages des examens du BEF et du BAC.

Rabah Zerrouk