Le calvaire à la conservation foncière !

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La conservation foncière est l’un des services de la wilaya de Tizi-Ouzou qui «imposent le plus de contraintes aux citoyens qui redoutent jusqu’à l’idée de s’y rendre», témoigne un citoyen.

Pour accéder au bureau délivrant le livret foncier, les usagers sont contraints de se présenter à l’entrée aux aurores, pour s’inscrire sur la liste ouverte devant la porte. À onze heures, un retraité dit qu’il est là «depuis six heures du matin.» Il est classé 19e sur les 75 personnes qui attendent leur tour. Certains, des hommes pour la plupart, vont «prendre un café» ou «faire un tour», et revenir plusieurs fois. D’autres, plus patients, prennent place sur le banc face au guichet d’où l’on appellera à leurs tours. A l’intérieur, trois jeunes dames se relaient entre l’arrière-salle et le comptoir où les usagers, à bout de patience, déversent leur colère sur un service «qui continue de fonctionner avec des papiers à l’heure de l’informatique». Une altercation éclate entre une employée et un homme d’un certain âge, qui dira revenir pour la deuxième fois du deuxième étage, où on l’a envoyé chercher ses papiers. «Mettez vous d’accord. En haut, on me dit qu’on vous a envoyé mon dossier et vous, vous affirmez le contraire», s’écrie-t-il. Elle se mit, alors, à chercher, à contrecœur, et finit par trouver le fameux dossier. A midi, c’est la fermeture et personne ne veut travailler ne serait-ce qu’une minute de plus. «Je suis là depuis huit heures et j’habite Alger et je dois rentrer avant trois heures et demies pour récupérer mes enfants de l’école. Dites-moi seulement si mon livret foncier est arrivé», demande un citoyen. Rien n’y fait. «Revenez à treize heures trente», rétorque-t-elle, en quittant les lieux sans accorder d’attention à ses supplications. Les habitants des régions éloignées ne cessent de souffrir des conditions draconiennes imposées par les services localisés au chef-lieu de la wilaya. Se rendre aux services de la conservation foncière, du registre de commerce (CNRC), ou des mines pour un contrôle de véhicule représente un calvaire pour les usagers. Informatiser tout ça et ouvrir des bureaux et des guichets supplémentaires par les responsables de ces services, pour accueillir convenablement les citoyens, est vivement souhaité par les usagers.

A.O.T.

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