Outrée par l’attente indéterminée d’un poste de travail ou tout simplement de pré-emploi, une jeune fille s’est adressée à nous pour fustiger ceux qui sont chargés de venir en aide aux chômeurs. Des emplois se sont créés dans les administrations et les services mais ils reviennent, la plupart du temps, aux introduits, au détriment de plus anciens. Le problème de l’emploi, dans ces communes de montagnes, est un peu particulier et doit faire l’objet d’un traitement adapté à la région. Les postes de travail ne peuvent venir que de l’enseignement, la santé et autres administrations et services. Cependant, elles n’accordent pas la priorité aux résidents. Il n’est pas rare d’entendre les réflexions des jeunes qui maudissent ceux qui viennent prendre « leurs » places. « Tout Algérien a droit à un emploi mais le cas de notre commune est particulier », affirme ce jeune homme qui attend qu’on daigne répondre à ses multiples demandes depuis longtemps. Depuis quand est-il demandeur d’emploi ? Il répond : « Je ne sais plus ». Il n’existe aucune unité économique à même d’absorber ne serait-ce qu’une partie de la jeunesse qui arrive sur le marché du travail. L’usine de confection d’Aït Yahia ne recrute plus depuis bien longtemps. Les privés, pour la plupart des commerçants ou de petits artisans, ne proposent que des boulots mal rémunérés et « au noir », sans assurance ni autres avantages sociaux. Au bureau local de l’ANEM, le devoir de réserve est de mise lorsqu’il s’agit de parler des chiffres. Cependant, les informations que nous avons glanées, au niveau des administrations font ressortir des chiffres éloquents. En 2005, moins de 10 jeunes sur les 482 inscrits ont bénéficié d’un poste de travail au niveau de la circonscription. Une goutte d’eau dans un océan lorsqu’on connaît l’étendue de celle-ci (La circonscription de Aïn El Hammam), elle qui englobe aussi les daïras d’Iferhounène, Ouacifs et Béni Yenni. Un tiers des inscrits réside à Aïn El Hammam. Cela s’expliquerait par le fait que le bureau de l’ANEM s’y trouve. Le chômage a touché toutes les couches de la société. Aucune spécialité n’est épargnée : Ils sont médecins, ingénieurs, licenciés etc. Lorsqu’un licencié s’inscrit en 2002 et se trouve toujours à attendre qu’on lui fasse appel, en 2006, il y a lieu de se demander s’il n’y a pas « une fausse note » quelque part.
Nacer B.
