Après une éclipse qui aura duré près de six mois, les oiseaux migrateurs ont réinvesti les montagnes et les plaines de la Soummam. De petites colonies de ces voyageurs au long cours, ont été aperçues sitôt égrenés les premiers jours d’automne. Le raccourcissement des jours et la baisse du mercure y jouent un rôle prépondérant, pense-t-on, même si le déterminisme de ces migrations saisonnières n’a pas encore livré tous ses secrets. On voit dans ces déplacements rythmés par la périodicité des saisons et la variabilité du climat, la recherche de nourriture guidée par le reflexe de survie de l’espèce. Le sansonnet, appelé communément étourneau, est le premier passereau à faire son apparition. Des nuées de ces oiseaux rappelant des grains de fusain colonisent le ciel, les prairies et les vergers de la vallée de la Soummam. On les voit s’activer dès la pointe du jour, en quête de nourriture. Les baies d’olives et les larves de hanneton qu’ils déterrent par des coups de becs, constituent l’essentiel de leur menu. Plus discrète, la grive se terre dans les fourreaux de lentisque qui lui offre le gîte et le couvert. La grive se sustente goulument des baies de cet arbuste arrivées à maturité. Le rouge-gorge a aussi opéré son come-back. Il se fond avec des espèces d’oiseaux endémiques avec lesquelles il vient paitre jusqu’aux pas des maisons de campagne. Sans doute en raison de sa petite taille, le rouge-gorge passe plus facilement inaperçu, et ne suscite guère la convoitise des amateurs de gibier. Les chasseurs fourbissent leurs armes en prévision d’une campagne qui se solde, chaque année, par des prélèvements considérables. Braconniers, chasseurs invétérés et simples dilettantes livrent à ces emplumés une traque sans répit. Les pièges et les stratagèmes sont peaufinés au fil des saisons pour augmenter considérablement les prises. Ces pratiques qui ont tendance à s’amplifier, portent un sérieux préjudice aux peuplements d’oiseaux. Si bien qu’à la fin de l’hiver, l’heure pour ces passagers des airs de regagner leur berceau européen, les colonies se retrouvent amputées d’une forte proportion de leurs contingents.
N. Maouche
