La commune de Tamokra, située à 90 km au Sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, se débat dans des carences qui perdurent depuis des lustres.
Le développement dans ces contrées haut perchées n’est qu’un vain mot, puisque les commodités les plus élémentaires y font défaut. Voilà déjà des mois que la population de cette municipalité attend la livraison des travaux du raccordement au réseau du gaz de ville. Un chantier connaissant une valse d’arrêts et de reprises, sans qu’aucune explication ne soit fournie. A chaque fois, la réception de ce projet se voit ajournée. Les habitants, eux, s’apprêtent à vivre un autre hiver rigoureux sans le précieux gaz de ville, qui les prémunirait du froid et des tracasseries du gaz butane. A noter que pour chercher une bonbonne de gaz, ils se voient contraints de parcourir des kilomètres, parfois sous la pluie ou la neige. Idem pour l’eau potable qui connaît une perturbation chronique sur les réseaux de distribution. L’eau du barrage de Tichy Haf, boudée en raison de son goût et apparence jugés douteux par la population, pousse cette dernière à se procurer l’eau à travers les citernes, les sources et les fontaines publiques, situées dans cette localité. Pour sa part, l’aménagement urbain enregistre des déficits, que ce soit en matière de bétonnage des ruelles dans les différents villages, à l’image de Touffirt, Taourirt, Tizi Aidel,… que de l’éclairage public, qui brille par son absence dans certains endroits et chemins desservant les villages de la commune, à l’exemple du CW23 qui fait la jonction entre les chefs-lieux communaux de Tamokra et Akbou. Celui-ci présente, en effet, un aspect dégradé avec une couche de bitume usée et jalonnée de nids-de-poule, d’ornières et de crevasses. S’agissant de l’habitat rural, celui-ci connaît un engouement sans pareil dans cette localité agropastorale. Cela dit, il subsiste encore des habitations qui ne sont pas raccordées au réseau de l’électricité, contraignant leurs occupants à recourir au « système D », à savoir les branchements illicites.
Syphax Y.

