«On n’asservit jamais un homme libre !»

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Une table ronde autour de la vieet l’œuvre de M’hamed Issiakhem, Kateb Yacine et Zamoum Ali, trois compagnons de lutte pour la cause nationale, a été animée par Rabah Zamoum (romancier), Mme Fatma Boukhelou «universitaire), des membres de l’association Issiakhem et Mme Ouiza Zamoum (veuve de Ali Zamoum), au petit théâtre de la Maison de la culture Mouloud Mammeri, mardi dernier à partir de 10h.

Le modérateur de la conférence était M. Halouane Hacène. La rencontre entrait dans le cadre de la commémoration du 63ème anniversaire de la révolution algérienne. La directrice de la culture, Mme Nabila Gouméziane, dira dans son allocution : «Nous commémorons une date qui constitue un tournant décisif dans l’histoire algérienne contemporaine. Des figures emblématiques ont marqué cette histoire par leurs œuvres, leur militantisme et leur sacrifice : Kateb Yacine, M’hamed Issiakhem et Ali Zamoum, et d’autres comme Mouloud Mammeri, Mouloud Féraoun, Akli Yahiatène ont tous œuvré et combattu, chacun à sa manière, pour une Algérie unie, indépendante, prospère et plurielle avec toute sa diversité culturelle et linguistique». Halouane Hacène dira quant à lui : «Les jeunes ont le droit et le devoir de connaître ces hommes de culture qui ont participé à notre glorieuse révolution». Il a ensuite retracé les grandes lignes de la vie et de l’œuvre des quatre illustres personnages. Des témoignages seront par la suite livrés par la veuve d’Ali Zamoum, par le romancier Rabah Zamoum et des membres de l’association «Issiakhèm». Mme Zamoum dira : «Ali a rejoint le mouvement national à l’âge de 14 ans, tant son amour pour le pays était vivace. C’est dans sa maison que l’appel du 1erNovembre a été tapé à la machine et tiré en milliers d’exemplaires avec une ronéo, non loin d’un poste militaire, dans son village natal Ighil-Imoula». Elle racontera ensuite les déplacements de son défunt mari à Bouïra, Alger et ailleurs, pour activer et sensibiliser les populations, notamment les jeunes. Quant à Rabah Zamoum, en sa qualité d’auteur, il s’appuiera dans son intervention sur des passages du livre d’Ali Zamoum «Tamourth Imazighen» qu’il conseillera aux jeunes de lire et de méditer. «Ali Zamoum a été convoqué par Boumédienne qui lui demanda de se ranger du côté du pouvoir. Sa réponse fut claire : il démissionna du FLN. Ali Zamoum n’a été jamais d’accord avec Boumédienne !», rapportera-t-il. «Mais il acceptera, plus tard, de travailler avec Boudiaf. Avec toi je travaillerai comme par le passé mais pas avec les autres, lui disait-il. Ils furent, avec d’autres hommes et femmes, les piliers de cette glorieuse révolution et des artistes incomparables, chacun dans son domaine mais que l’intérêt de l’Algérie unissait», narrera encore l’intervenant. Il poursuivra : «Kateb fut exilé à l’intérieur de son pays. Il choisit Sidi Bel Abbès. C’est là qu’il monta une troupe théâtrale qui fera trembler le pouvoir d’alors». Mme Boukhelou Malika se référera à «Nedjma» pour mettre en relief le militantisme de Yacine et son amour pour l’Algérie, soulignant que «sa mère était une conteuse». La conférencière dira : «Kateb était un rebelle qui disait : ‘’nous ne pouvons pas être asservis car nous sommes des Imazighen’’. Il était encore lycéen quand il vécut les atroces évènements de mai 1945. ‘’Nous étions choqués par la boucherie entreprise par l’occupant venu d’un pays qui se disait démocrate’’, a-t-il écrit ». Elle ajoutera : «Des hommes très jeunes ont pris le destin de l’Algérie en main pour libérer le pays», avant d’apprendre à l’assistance que le fils de Kateb, Hans, «a entrepris des démarches, en Allemagne, pour recouvrer la nationalité algérienne ».

M. A. Tadjer

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