S. Ait Hamouda
L’Arabie saoudite est-elle en train de changer ? Qu’est-ce qui va changer dans ce pays, le plus fermé du monde ? D’abord les femmes au volant, ce qui leur fut interdit depuis la création de ce royaume, si jeune mais trop vieux à nos yeux. Qu’elles peuvent dans quelques mois, fréquenter les stades, voter et même être élues. Et aujourd’hui, pas moins de onze princes, quatre ministres et des dizaines d’anciens ministres sont suspectés de corruption et risquent gros. Bien, il est important que ce pays change, puisqu’il a commencé par remettre en question le dogme wahhabite, sur la base duquel il a fondé sa politique des origines à ce jour. Ces mini-révolutions tiennent-elles la route ou c’est seulement de la poudre aux yeux, pour changer la vision du monde sur ce pays ? L’artisan de ce remue-ménage n’est autre que le prince héritier Mohammad ben Salman, qui, selon plusieurs observateurs du royaume, a les coudées franches, certainement avec l’aval de son père Salman ben Abdelaziz. D’ailleurs, le prince préside une commission anti-corruption ayant pour mission «d’enquêter, d’émettre des mandats d’arrêt, d’interdire de voyager, de détecter et de geler les comptes, de suivre les fonds et les avoirs et d’empêcher leur transfert par des personnes ou des entités quelles qu’elles soient». Là c’est un coup de cimeterre à la tête des traditionnels us et coutumes du royaume wahhabite. Qu’est-ce qui permet à l’ex-pourvoyeur en fonds, en armes et en pensées du terrorisme de s’émanciper de ses anciennes illusions d’avoir le monde arabe et musulman à ses pieds ? Certainement qu’il a compris de quel côté tourne le vent. Mais ne nous laissons pas berner par ce scenario ambitieux de la monarchie de droit divin. Elle se fait la porte-parole, l’ambassadrice de Dieu et du paradis sur terre. On peut tout de même lui accorder le bénéfice du doute, sans plus. Parce que ces retournements radicaux laissent quand même planer une incertitude : Comment l’Arabie saoudite deviendra-t-elle une démocratie ? Difficile d’y croire.
S. A. H.
