Des oliveraies envahies de détritus !

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Autrefois si clean et fleurant bon la fraîcheur champêtre, nos vergers affichent de nos jours un panorama des plus pathétiques.

Par une espèce d’alchimie à rebours, ces espaces bucoliques ont pris des allures de dépotoirs à ciel ouvert. Dans les vergers gravitant autour de village d’Ighzer Amokrane, c’est un décor disgracieux et crade qui s’impose à la vue : des détritus qui jonchent les champs jusqu’aux pieds des oliviers. Canettes, bouteilles, sacs en plastiques, un patchwork de packaging sous ses différentes déclinaisons de formes et de couleurs, essaimant sur ces étendues champêtres. «Nous avons organisé, en 2016, une campagne de nettoyage, en faisant appel à toutes les bonnes volontés. Au final, on s’est rendu à l’évidence que ce problème de pollution s’est bien trop incrusté dans les comportements pour pouvoir le résoudre par de simples actions ponctuelles», dira sur une pointe d’impuissance un membre d’une association locale. «Même les panneaux plantés au cours de cette opération de volontariat et appelant à la préservation du milieu ont été arrachés quelque temps après», ajoute-t-il ahuri. Suprême offense, cette profanation qui ne dit pas son nom, touche aussi et surtout l’olivier, un arbre emblématique et nourricier. «C’est plus que de l’ingratitude. Après avoir abandonné ce patrimoine culturel, voilà qu’on le leste de nos déjections. Nos grands parents, qui l’ont toujours affectionné, respecté et sacralisé, doivent se retourner dans leurs tombes», lâche interloqué un citadin, avant d’enchainer : «Ça baigne dans un tel climat d’indifférence et d’insouciance qu’il se trouve toujours des gens disposés à jeter, salir et profaner et très peu de volontés ou si peu, pour ramasser et curer». Décidemment, il faut bien plus que de la volonté pour redorer le blason de nos champs, de nos forêts, de nos villages, bref de notre cadre de vie. L’hygiène et le respect de l’environnement ne relèvent-ils pas d’une disposition d’esprit, d’une philosophie de vie ? Mais là c’est une autre histoire. N. Maouche

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