Si la région est à vocation céréalière, il n'en demeure pas moins que certains agriculteurs tentent d'investir dans la filière de la pomme de terre.
En effet, en raison de la disponibilité d’un barrage d’eau, les agriculteurs ne ratent pas l’occasion de bénéficier de l’arrière saison. «Le problème ne se pose pas au niveau de l’eau mais surtout au niveau du réseau d’irrigation vétuste et inexistant dans certains champs. Il faut donc recourir à la tuyauterie et aux motopompes. Ce qui n’est pas donné à tous les maraîchers de disposer de tant de moyens, souvent trop chers», nous déclare l’un de ces maraîchers. Pour cette saison, pas moins de 300 hectares ont été plantés de Draâ El-Mizan jusqu’à Tizi-Gheniff. D’ailleurs, il n’échappe à personne d’admirer ces champs verts jonchant cette plaine. «La culture de la pomme de terre demande beaucoup d’investissements. En plus de la cherté de la semence, elle exige aussi une main d’œuvre qualifiée et un suivi permanent», ajoute le même interlocuteur. Pour celui-ci, la saison s’annonce prometteuse. «Il a fait beau et même chaud durant toute la période avant l’arrivée des pluies. Ce que nous craignons souvent, ce sont les gelées hivernales. Mais, je pense qu’on commencera la récolte dans quelques jours. Du moins, avant la mi-décembre», enchaîne un autre maraîcher rencontré à Draâ Sachem. Il faut dire qu’au moment du déterrement de ce tubercule, son prix descend à son plus bas coût. Il n’a pas dépassé les 30 dinars le kilo. «Actuellement, la pomme de terre est chère. Bien que les services agricoles aient annoncé que des milliers de tonnes allaient être déstockées, elle est entre 60 dinars et 80 dinars. Avec notre récolte prochaine, elle baissera jusqu’à 25 dinars, du moins dans notre région», estime un autre producteur de pomme de terre. D’aucuns attendent l’arrivée de cette nouvelle récolte. «Nos maraîchers ont planté de grandes surfaces. Nous espérons que le prix de la pomme de terre baisse. Aujourd’hui, pratiquement, elle est inabordable», constate un client de passage devant ces étendues vertes de pédoncules qui embellissent la vallée de Draâ El-Mizan. Les producteurs souhaitent que des facilités leur soient accordées tout comme leurs camarades céréaliers qui bénéficient de crédit à zéro pour cent d’intérêt. «Il est temps que l’Etat accompagne cette filière. Si le barrage était bien géré et que le réseau d’irrigation était refait dans les normes, je dirais que la vallée de Draâ El-Mizan deviendrait un pôle d’excellence en matière de production de la pomme de terre», souligne un autre maraîcher alors que ceux de Ain Zaouia, où le barrage est à l’arrêt, ont raté cette arrière-saison.
Amar Ouramdane

