«Place au combat du développement»

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Le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a animé, avant-hier jeudi, un meeting à la maison de la culture de Tizi-Ouzou.

Devant les cadres, les candidats, les militants et les sympathisants de son parti, Benyounès, n’a pas raté l’occasion de décortiquer la situation actuelle que traverse le pays. Abordant les élections du 23 novembre, il a indiqué que «ces élections ont un cachet spécial, car elles coïncident avec novembre, un mois glorifié et sacré chez nous, ayant une signification bien particulière puisqu’il a été à l’origine de la naissance d’un Etat algérien libre et démocratique. Un million et demi de chouhadas se sont sacrifiés pour que l’Algérie et son peuple retrouvent enfin le délice de l’indépendance. Il est juste de rendre hommage à nos glorieux chouhada et à nos moudjahidine encore en vie». Benyounès, sur sa lancée, enchaîne : «Hélas ! Certains veulent s’approprier le combat de tous les Algériens car ils prétendent que c’est seulement eux qui ont libéré le pays et qui l’ont construit. Le parti unique a été une catastrophe et un malheur pour notre pays. Il a été à l’origine des événements de 1980, de 1990, de 2001 et de la décennie noire. 55 ans après l’indépendance du pays, on parle encore de la légitimité historique. Il est grand temps de sortir de cette légitimité et de passer à la légitimité démocratique». Evoquant les élections présidentielles anticipées, réclamées par certains partis de l’opposition, Benyounès rétorque : «2019, c’est encore loin, celui qui veut la place du Président doit attendre les élections. Aujourd’hui, nous sommes en 2017, ce sont les élections locales. Un rendez-vous plus important car la population a surtout besoin d’élus locaux pour prendre en charge ses doléances». Parlant de la wilaya de Tizi-Ouzou, le président du MPA reconnaît que «la wilaya recule, régresse pendant que les autres avancent. Nous avons privilégié la rue et le combat pour la démocratie et la reconnaissance identitaire, mais maintenant que c’est acquis, il faut se mettre à un autre combat, celui du développement», renchérit-il. Au sujet de la confection des listes électorale, Benyounès a révélé : «Au MPA, personne n’a jamais payé sa place et personne n’a jamais donné un sou. Nous ne désignons pas et nous n’imposons pas nos candidats à partir du bureau national. Le choix a été démocratique et s’est fait au niveau des coordinations locales».

«Le MPA créera la surprise le 23 au soir»

Quant à l’objectif de la participation du MPA au rendez-vous du 23 novembre prochain, Benyounès, confiant plus que jamais, précise : «Nous participons dans 20 APC et une liste APW à Tizi-Ouzou. Nous participons pour gagner, rien de plus. En 2012, nous avons participé au niveau national dans 94 communes et 42 wilayas et nous avons eu 1600 élus, ce qui nous a placé 3e force politique au niveau national. Cette fois, nous participons avec 850 listes dans 46 wilayas, chose qui nous place 3e force politique en termes de participation. Le 23 novembre au soir, le MPA créera la surprise pour la simple raison que nous sommes un parti moderne, citoyen et patriote». Abordant les prérogatives des élus locaux, Amara Benyounès réclame : «Le statut de l’élu local doit être revu. Il est inconcevable que le P/APC soit sous les ordres du chef de daïra et que le P/APW soit sous la tutelle du wali. Il faut un équilibre et que chacun occupe la place qui lui sied et à chacun ses prérogatives».

Pour plus de prérogatives aux élus locaux

«À un certains temps, notamment dans les années 90, quand les islamistes ayant pris des APC ne reconnaissaient personne, l’Etat avait pris des dispositions. Mais à présent, il faut rendre à l’élu local ses prérogatives. La gestion du foncier doit revenir aux maires. Comment fera un élu local pour ramener des investisseurs s’il ne peut pas mettre à leur disposition un m² de terrain ?». Et d’ajouter : «Notre pays est quatre fois plus grand que la France, 15 fois plus grand que la Tunisie et 80 fois plus grand que la Belgique, et on entend partout qu’il n’y a pas de foncier. Cette question doit être discutée et assainie». Pour Benyounès, la question de l’urbanisation et de la sécurité doit aussi revenir aux maires : «La gestion de l’urbanisme doit revenir aux maires. Il faut également une police de proximité ou une police communale sous la tutelle du maire, qui travaillera en collaboration avec la police nationale pour plus de coordination et d’efficacité». Abordant la crise économique et financière, le premier responsable du MPA soutient : «Depuis 2014, les recettes du pays ont diminué de 60%. Le déficit budgétaire est inévitable. Le Premier ministre propose des financements non conventionnels, ce qui est rejeté par l’opposition et les experts. Toutefois, ces gens ne font que refuser et ne proposent jamais de solutions».

Le consensus politique est un non-sens

Revenant aux partis de l’opposition, Benyounès fera remarquer : «Le consensus politique est un non-sens. La démocratie, c’est le débat et la contradiction. Certains appellent à des soulèvements pacifiques, mais il n’y a pas de soulèvement pacifique. Il suffit de voir ce qui se passe en Tunisie, en Lybie, en Syrie et en Egypte. Le recours à la rue est improductif, maintenant il faut recourir au travail et au développement, c’est l’immunité contre l’intervention étrangère». Au sujet de l’argent «sale», Amara Benyounès est catégorique : «Ce sont les responsables de partis politiques qui utilisent l’argent sale en vendant les premières places dans les listes électorales. Il faut déclarer la guerre à l’argent sale, mais pas aux entreprises. Certains s’attaquent au FCE, il faut dire que les entreprises du privé des organisations patronales sont les plus saines. Il y a aussi des entreprises très puissantes en dehors de ces organisations tout aussi saines. L’argent sale se trouve dans la drogue, l’informel et le terrorisme. Voilà de l’argent dangereux qu’il faut combattre», lance-t-il. Pour lui, «l’avenir est dans le secteur privé. Aucun pays ne s’est développé avec le socialisme, même la chine», note-t-il. Revenant à l’élection, l’orateur soulignera que «l’enjeu premier c’est le taux de participation. Il faut aller voter en masse pour donner plus de crédibilité et de légitimité aux élus», conclura le président du MPA, sous les ovations du public présent en force à la maison de la culture Mouloud Mammeri.

Hocine. T

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