IBOUDRARèNE 90% des dotations budgétaires consommés – Une commune en mutation

Neuf villages composent la commune d’Iboudrarène, à une quarantaine de kilomètres de Tizi-Ouzou. Il s’agit d’Aït Arbah, Tassaft, Aït Ali Ouharzoun, Bouadnane, Thala N’Tazart, Ighil Bouamas, Ighil N’Sedda, Darna et Aït Allaoua qui totalisent 5 870 habitants occupant des territoires d’une superficie de 33 km2.

La localité est plus connue pour ses beaux paysages naturels proches du Parc national du Djurdjura et de Tikejda. Durant les années 1990, la région a énormément souffert du terrorisme, notamment le village Ait Alloua, poussant ses habitants à quitter la région. Le retour de la paix aura permis à plusieurs d’entre eux de revenir à leur village. Les villageois mènent une vie paisible. Certes, la plupart d’entre eux travaillent hors de la commune, le reste tente de s’auto-suffire en adoptant des méthodes différentes pour gagner leur vie. Des commerçants tiennent toujours leurs petites boutiques, des artisans rendent service à leurs co-villageois, et des petits agriculteurs qui s’efforcent à produire des légumes, fruits et autres produits d’élevage. À Iboudrarene, il ne faut surtout pas imaginer des cultures ou des élevages intensifs, le relief de la région ne le permet absolument pas. Une vie de communion et d’entre-aide domine le quotidien des villageois. «Cela ne veut pas dire qu’ils sont à l’abri des besoins les plus élémentaires en matière d’infrastructures de base et des marqueurs de développement socioculturel», avertit un villageois enseignant à l’université qui dit vivre au jour le jour cette «transformation dans les villages de la commune». Il faut dire que la commune est classée à la première place au niveau de la daïra et la troisième au niveau de la wilaya en matière de consommations des crédits alloués dans le cadre des programmes des plans communaux de développement (PCD). Le taux de réalisation est situé à près de 90%, selon le maire de la commune. Ce dernier nous a, d’ailleurs, indiqué que «la majorité des projets destinés au développement local sont réalisés». Pour le maire, Abedessalam Lekhal, «ces réalisations ont beaucoup contribué à l’amélioration du cadre de vie aux citoyens, notamment via l’amélioration des infrastructures, revêtement des chemins communaux en béton bitumineux qui a touché tous les villages de la commune, réalisation d’une bibliothèque et d’une agence postale communale, aménagement et réfection des foyers de jeunes existants, réalisations d’aires de jeux dans les villages disposants d’assiettes». M. Lekhal cite, entre autre, les villages de Darna, Tala N’Tazart, Ighil Bouamas et Bouadane. Aussi, il fait état de l’aménagement des cours d’écoles primaires en aire de jeu maticos et la réalisation des cantines scolaires, la réalisation du bouclage électrique Yatafene vers Iboudrarene via Darna. Il faut dire que l’aménagement des placettes des villages a offert à ces derniers un nouveau visage. Cela constitue pour les villageois une aubaine pour se rencontrer lors des sorties sociales ou culturelles. «Nous avons vécu un bouleversement dans notre quotidien avec toutes ces réalisations, même si beaucoup reste à faire afin d’inciter les villageois en âge de travailler à ne pas se sédentariser et ne pas suivre le chemin de leurs parents qui ont dû quitter leurs villages sous la contrainte du chômage», nous dira un villageois de Bouadnane.

Karima Ait Ouarab