La taille des oliviers à 3 500 DA la journée !

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Les oliviers sont des arbres qui ont besoin d'entretien et d'attention pour donner des fruits et vivre longtemps. Pour cela, il faudra les irriguer et les tailler.

Cependant, force est de constater que ces arbres sont pour la majorité négligés et sans soins dans les différentes localités relevant de la vallée de la Soummam. Le constat est affligeant, avec des oliviers aux branches imbriquées et touffues ne laissant pas passer l’air et la lumière du jour à l’intérieur, deux éléments essentiels pour un meilleur rendement. Toutefois, il y a lieu de souligner qu’en matière d’oléiculture beaucoup de savoir-faire a été perdu, à cause du changement du mode de vie opéré ces dernières décennies dans la région. La taille, la greffe et autres travaux ayant trait à cette filière sont presque méconnus d’un large pan de la population. Actuellement, il n’est pas donné, par exemple, à n’importe qui de greffer un oléastre, car ce savoir-faire est devenu à s’y méprendre réservé aux seuls initiés ! Le travail de la terre ayant énormément reculé, ces dernières années, ce qui fait qu’il y a des connaissances qui ont disparu avec lui. En conséquence à cette situation peu reluisante, des propriétaires d’oliveraies, ne sachant pas tailler et greffer ou n’ayant pas le temps pour le faire, font appel à chaque fois à des « spécialistes » pour exécuter ces travaux champêtres. En effet, ces derniers se frottent les mains en proposant leur service. Ainsi, la taille des oliviers est proposée dans la région de la Soummam entre 2500 et 3500 dinars la journée. Ces tarifs vont en augmentant d’année en année, car ceux qui louent leur bras se comptent sur une seule main dans chaque localité rurale. C’est dire que le savoir-faire ancestral dans la filière oléicole, en particulier, a perdu beaucoup de ses « secrets » au point où les citoyens ignorent comment tailler un simple olivier. «Le mode de vie a considérablement changé ces dernières décennies. La terre n’est plus travaillée comme auparavant et elle ne fait plus vivre. Cela a induit une perte immense du savoir-faire et des connaissances acquises de nos ancêtres qui maîtrisaient à la perfection le monde agricole et tous ses secrets», affirme avec regret un paysan de Boudjellil.

Syphax Y.

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