La pénurie de lait en sachet est loin d'être réglée dans la commune de Tizi Ghniff. Depuis déjà des mois, ce produit manque aussi bien en ville que dans les villages.
D’ailleurs, même si certains n’ont pas trouvé mieux que de se rabattre sur le lait en poudre en dépit de sa cherté, certains dont les moyens ne sont pas suffisants continuent d’attendre en rang d’oignon devant les laitiers et les magasins d’alimentation générale avant même le lever du soleil, sous la pluie. «Nous ne comprenons rien. Et nous ne savons pas à quelle heure est distribué le lait. Même si on vient juste après la prière d’El Fedjr, on vous répondra qu’il n’en reste rien ou que le camion ne va pas passer», fulmine un client accosté devant une supérette au centre-ville. Devant ce manque, les commerçants profitent d’écouler certains produits qui ne se vendent pas tels le camembert, le jus de fruits et autres. «Pour deux sachets de lait, vous devez aussi acheter soit un litre de jus de fruits soit un sachet de lait caillé ou encore une boîte de camembert. Le litre vous reviendra parfois quatre fois son prix initial», nous déclarera un autre client. Devant le diktat des laitiers, nombreux sont ceux qui quittent la file d’attente et abandonnent cet espoir de se procurer les deux sachets de lait. De leur côté, les commerçants justifient cette façon de faire par le fait que certains livreurs les obligent à prendre une quantité de petit-lait, lait caillé ou de camembert. «La distribution n’est pas régulière. Les livreurs font la loi. Et quand on nous sert 200 sachets, nous ne savons plus comment les répartir sur notre clientèle», nous expliquera un laitier du coin. Dans les villages, en plus de cette vente concomitante, les commerçants le fixent entre 30 dinars et 35 dinars le sachet de lait. Du coup, certains villageois viennent jusqu’à la ville la plus proche dans l’espoir d’avoir droit à deux sachets. L’on se demande à quand l’épilogue de ce problème qui n’a que trop duré. Pourtant, on entend ici et là que le problème ne se pose pas au niveau de la laiterie de Draâ Ben Khedda qui alimente toute la région.
Amar Ouramdane
