Un vieil adage kabyle dit que l’olive boit par l’oreille («Azemur ithes si thamezught» ndlr). Un adage qui trouve toute son étendue dans cette spectaculaire reprise de la récolte d’olive arrivée à sa dernière phase de maturité en virant du violet au noir vif après seulement deux importantes averses de pluie. Des pluies dont le volume a franchi la barre de 40 mm et qui ont touché pratiquement tout le territoire de la wilaya de Bouira et plus particulièrement la région de M’Chedallah où est concentré le gros des oliveraies de la wilaya. C’est au moment où les agriculteurs commençaient à perdre l’espoir en voyant les grains rachitiques déshydratés, à quelques jours seulement du début de la saison oléicole qui démarre à partir du début du mois de décembre, que la clémence du ciel se manifeste une fois de plus par ces importantes pluies qui se sont abattues sur la région. Des pluies à l’origine d’un impressionnant grossissement des grains qui prennent du calibre avec une peau noire luisante, signe d’un bon rendement en huile. C’est du moins ce que nous confient certains agriculteurs de Saharidj et d’Aghbalou, deux communes de montagne avec un vaste verger oléicole. L’on peut dire d’ores et déjà sans risques d’erreur que la récolte est non seulement sauvée mais elle est prometteuse aussi. Des spécialistes en la matière prédisent un rendement qui dépasserait la barre de 20 litres au quintal en plus d’une bonne qualité sachant que la longue sécheresse a sensiblement réduit le taux d’acidité. Même si la récolte, cette année, est jugée moyenne, elle sera compensée par le rendement ; un bon présage qui rend le sourire aux nombreux pères de familles de la région qui n’ont que cette richesse pour subvenir aux besoins de leur foyer. La même joie est constatée aussi chez les agriculteurs qui cultivent les céréales sur les plaines du Sahel (blé, orge et farine) qui ne se sont pas fait prier pour démarrer la campagne des labours-semailles comme en témoignent les nombreux tracteurs agricoles mobilisés au niveau des fermes de la vallée du Sahel dont ils ont commencé, en ce début de semaine, à retourner la terre, une première opération dite d’emblavement pour la préparation du sol qui sera suivie par celle des semailles. La catégorie suivante des agriculteurs qui se séparent de l’angoisse de la longue sécheresse est sans conteste les éleveurs tout types de cheptel confondus. Une filière qui a vécu une véritable catastrophe en voyant une flambée sans précédant des aliments de bétails avec la botte de foin de 30 kg qui s’affiche à 1200 DA, et ce, à cause toujours de cette longue sécheresse qui a en plus complètement dénudé les parcours de pâturage. Après ces abondantes pluies, la reprise au niveau de ces lieux de pâturage est une question de jours, et même d’une future récolte prometteuse durant la prochaine campagne de fenaison.
Oulaid Soualah
