Le froid ravive les vieux réflexes

La vague de froid qui a sévi pendant plusieurs jours sur les hauteurs de la Kabylie, a sorti la population de la monotonie de l’été. Depuis l’annonce de la perturbation, on s’est hâté de procéder au renflouement des réserves de provisions et de se parer au pire, qu’on a déjà vécu à deux reprises, avec les neiges des années 2007 et 2O12. Même si la plupart des foyers sont maintenant dotés de gaz naturel, il reste toujours des citoyens qui utilisent encore la bonne vieille bouteille de gaz butane. D’autres, par précautions, ou par crainte d’une rupture de gaz naturel, prévoient toujours quelques bombonnes de «secours», alors que des fûts de mazout sont toujours stockés aux abords des habitations dépourvues de gaz de ville. Ceux qui utilisent le bois de chauffage, ont déjà entrepris de le mettre à l’abri. D’ailleurs, certaines personnes âgées, par nostalgie peut-être, ne peuvent pas se passer du vieux «kanoun» qui les a chauffées durant des générations. Même dans les maisons modernes, on trouve souvent un coin cheminée pour l’esthétique et pour …le dépannage. Les grand-mères, particulièrement, ne se chauffent que par un braséro. «Il n’y a que ça de vrai», disent-elles. Les comportements changent et la vigilance est de mise. On se hâte également à colmater les brèches des infiltrations apparues avec les premières pluies, tout comme on procède au calfeutrage des portes et fenêtres. Avec les violentes rafales de vent et de pluie, l’eau pénètre de partout si on n’y prend pas garde. Chacun, selon ses moyens, se dote de sa petite réserve de denrées alimentaires, particulièrement les pâtes et les légumes secs, en prévision des mauvais jours qui peuvent générer des ruptures. L’expérience des années difficiles a forgé les montagnards qui ne veulent plus être pris de court. C’est dire que l’hiver est maintenant installé du moment que Djurdjura a pris sa teinte blanche où la baisse des températures se fait ressentir jusque dans les chaumières.

A. O. T.