Le nouveau code communal et de wilaya devra être adopté avant la fin du premier semestre 2018. C’est ce qu’a annoncé, hier, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Nordine Bedoui.
Cette nouvelle loi, relative au code communal et de wilaya, devra consacrer le principe de la décentralisation tant réclamée par les élus locaux. Un principe qui fut porté en leitmotiv par la quasi-majorité des chefs de partis durant la campagne électorale qui vient de s’achever. «Le prochain code des collectivités territoriales renforcera les prérogatives des élus locaux et consacrera le principe de décentralisation», a déclaré le ministre. Néanmoins, la décentralisation telle que prévue dans ce nouveau code risque de décevoir. Et pour cause, la déclaration de Bedoui, hier, sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale, laisse penser que la liberté tant réclamée par les élus et leurs chefs de partis ne sera que conditionnelle, puisque l’administration aura toujours une mainmise sur les décisions : «Les prochains élus locaux seront soutenus par une administration formée et compétente», a annoncé le ministre dans le sillage des quelques détails qu’il a fournis au sujet de cette nouvelle loi. Avant-hier, lors de son meeting électoral à Tizi-Ouzou, Ahmed Ouyahia n’avait pas manqué de signaler l’attachement de son parti au principe de la décentralisation pour la gestion des collectivités, sans toutefois détailler ses contours. Pourtant, c’est lui-même qui inclut dans le plan de son gouvernement, présenté à sa prise de fonctions de Premier ministre, l’adoption de la loi relative au code communal et de wilaya. Autre grand défenseur du principe de la décentralisation, le président du MPA, Amara Benyounès, qui n’a cessé de marteler l’urgence de la consécration de ce principe pour garantir la réhabilitation du rôle de l’élu et favoriser l’investissement et le développement local. Pour le chef du MPA, il est «impératif de renforcer les prérogatives des élus locaux et d’étendre leur champ d’intervention, au plan local, pour qu’ils puissent accomplir pleinement leurs missions», dans le cadre de la décentralisation. Selon Nordine Bedoui, «le prochain mandat sera marqué par des réformes profondes en matière de gestion des collectivités, notamment à travers le code de la démocratie qui sera discuté très prochainement au niveau du gouvernement». Pour mieux étayer l’annonce, le ministre de l’Intérieur a souligné qu’à travers cette nouvelle loi, «les collectivités locales seront créatrices de richesses à travers une réforme de la fiscalité locale, une valorisation des ressources, ainsi que la consolidation du principe de la solidarité intercommunale». D’aucuns parmi les partis siégeant à l’APN s’attendent à ce que la nouvelle loi relative au code communal et de wilaya permette à la commune de devenir un «vrai centre de décision», tout en conditionnant cela avec l’impérative dépénalisation de l’acte de gestion.
Mohand-Arezki Temmar

