La ligne électrique Saharidj – M’Chedallah est une ligne réalisée dans les années 1920 par l’administration coloniale pour alimenter la ville de M’Chedallah, occupée à 80 % par les colons. Seulement, cette ligne a été remplacée depuis quelques années par une nouvelle mais l’ancienne installation a été abandonnée et livrée actuellement aux dégradations. Il s’agit d’une ligne de transport de moyenne tension, alimentée à partir de la centrale électrique d’Ath Illiten dans la commune de Saharidj. Cette centrale a été réalisée durant la même période et elle fonctionne par le système hydraulique à base de turbines que fait tourner le débit de la phénoménale source noire (El Ainser Avekan). La ligne en question est composée de quatre fils ou câbles qui ont disparu à l’heure actuelle, et de pilons en acier d’une résistance à toute épreuve sur une distance d’environ 25 km. La ligne ayant été réformée vers la fin des années 1970, après modernisation des équipements de la centrale, l’alignement de centaines de ces pilons ont été abandonné, des poteaux en acier pur d’une inestimable utilité lesquels dressent leurs quatre bras en l’air et semblent prier qu’une bonne âme vienne les récupérer pour un meilleur usage. Les cornières composant ces poteaux ont été enduites d’une peinture spéciale antirouille qui résiste encore aux agressions climatiques et à l’usure du temps, d’où la conservation des poteaux qui n’ont rien perdu de leur qualité d’acier pur.
Ces poteaux peuvent être récupérés et servir à d’autres ouvrages
La totalité des villages et agglomérations riveraines d’Assif n’Sahel tel qu’Assif Assemadh et Ighrem qui se font face chacun sur une rive, Ath Yekhlef et Zantar dans la même position, Raffour et Ath Mansour et, enfin, Chorfa et Ath Voulali, réclament depuis plusieurs années l’aménagement de passerelles pour accéder à leurs propriétés dont chaque famille en possèdent des terrains agricoles et vergers de l’autre côté de cette rivière, notamment des oliveraies à perte de vue. Ces malheureux propriétaires sont contraints de traverser à gué, avec leurs familles, ce cours d’eau pollué matin et soir pour cultiver leur terre. Un cours d’eau transformé par la force des choses et la bêtise humaine en réceptacle géant des eaux usées des deux daïras de M’Chedallah et Bechloul. Ces poteaux peuvent être récupérés et utilisés dans la confection d’indispensables passerelles pour enjamber ce nauséabonde cours d’eau. Des passerelles réclamées à cor et à cris par des milliers d’agriculteurs. Une opération des plus faciles, sachant que ces pilons constituent l’essentiel pour l’aménagement de passerelles, des ouvrages qui serviront durant des siècles à venir et à moindres frais et qui seront d’un apport considérable pour la reprise des travaux des champs composés de milliers d’hectares de terrains agricoles hautement fertiles.
Oulaid Soualah
