Dopé par une demande en plein boom, à cause de l’indisponibilité de voitures neuves, le marché du véhicules d’occasion est pris dans une spirale inflationniste sans précédent.
Comme on a pu le constater à Akbou et dans d’autres contrées de la vallée de la Soummam, ces véhicules deuxième main se négocient à des tarifs vertigineux. «En l’espace de deux années seulement, les prix ont connu une hausse de 10 à 15% selon les modèles. Voire plus, pour certaines cylindrées parmi les plus prisées», atteste un citoyen rencontré au marché hebdomadaire. «C’est la troisième fois d’affilée que je sillonne ce marché, à la recherche d’une opportunité d’achat. Je n’ai pas encore trouvé un véhicule à la mesure de mes modestes moyens», confie un jeune d’une trentaine d’années. «Ce sont les revendeurs qui faussent nos calculs en faisant monter les enchères. Au passage, ils s’enrichissent sur le dos du consommateur en empochant de substantiels dividendes nets d’impôts», accuse un père de famille, flanqué de ses deux rejetons. «Avec toutes ces pratiques spéculatives qui sévissent, c’est une navigation en eau trouble, car la voiture d’occasion est, la plupart du temps, en porte-à-faux avec sa valeur réelle», ajoute-t-il, un tantinet dépité. Des tacots rongés par la rouille se négocient à 30 millions de centimes, des véhicules en piètre état se vendent à partir de 50 millions, des modèles rutilants surcotés par rapport aux prototypes débarqués des chaines de montage, etc. Telle est la réalité des prix. «Il faut casser sa tirelire pour espérer repartir avec un véhicule qui tienne la route, car à moins d’être un sacré veinard, il est difficile de trouver quelque chose de valable à moins de 60 millions», dira un habitué du marché. Dans ce marché de dupes, livré à l’anarchie et à la spéculation, tout est affaire d’aubaine. C’est pour ainsi dire, le royaume de l’esbroufe et de la mauvaise foi. «Beaucoup de néophytes se sont fait plumés, car une faune d’escrocs sévit en toute impunité», lance un homme d’un certain âge à l’adresse de son accompagnateur. Pour être à l’abri d’une mauvaise surprise, mieux vaux s’attacher les services et les conseils avisés d’un connaisseur, une connaissance de préférence, suggère-t-on. N. Mouche

