Ces derniers temps, les citoyens de plusieurs villages de la commune de Boudjima assistent surpris à un phénomène pour le moins insolite. De l’eau jaillit sous le goudron des routes et des pistes bitumées l’été dernier. Un phénomène qui a vite livré ses secrets car il s’agit du réseau AEP réalisé parallèlement au goudron. Des milliers de mètres cube s’en vont dans la nature à cause de la mauvaise qualité des travaux de bitumage, mais aussi de la réalisation du réseau AEP. De Boudjima, chef-lieu communal, jusqu’au village Tarihant, des «sources» d’eau ruissellent sur les côtés du tapis de goudron voire au milieu de la route. Ces fuites montrent le laisser-aller complice des élus locaux à leur tête le maire qui aurait dû avoir le souci de doter sa commune de travaux de qualité. Mais il n’en fut rien. À peine le projet livré, l’on peut constater le bâclage des travaux qui apparait au grand jour. Les millions de dinars investis par l’Etat pour le bien-être des populations se sont évaporés sans apporter les résultats escomptés. Pourtant, ces dernières années, l’alimentation en eau potable est stable. Ce n’est pas l’eau qui manque. Mais comme les élus avaient la tête ailleurs, cette eau se perd avant de parvenir aux robinets des citoyens de la commune. Aujourd’hui, il devient clair que les élus n’avaient point le souci de contraindre les entreprises réalisatrices du goudron et du réseau AEP à respecter les normes de qualité requises. En effet, les citoyens s’étonnaient que l’entreprise commence à réaliser le bitumage alors que le réseau AEP ressemblait à une ébauche, les travaux étaient ainsi faits. Pour dissimuler l’anguille qui était sous roche, des responsables complices ont interrompu l’alimentation en eau pendant la réalisation du goudronnage. De ce fait, les sources d’eau se multiplient sur la chaussée. Parallèlement aux pertes d’eau, le goudron se dégrade laissant nue une route qui risque de devenir impraticable après un hiver rigoureux. Les populations locales auront rêvé d’une route et d’un réseau AEP de qualité. Et le rêve n’aura duré que quelques semaines.
Akli N.
