S. Ait Hamouda La Journée internationale des handicapés mérite bien une halte mémorielle. Voilà qu’une poignée d’heures est consacrée aux femmes et hommes déficients moteur, cérébraux, aveugles, sourds et autres. Durant ce jour, le 3 décembre, le monde est appelé à penser aux personnes à mobilité réduite, par accident ou génétiquement, et à trouver des solutions aux difficultés que rencontrent dans leur vie, dans la rue, au travail, à l’école, à l’université et partout dans la société. Ils sont marginalisés, rejetés et parfois carrément ignorés. Que fait l’Homme dit valide pour ces personnes, et pourtant il y a des textes qui lui rappellent sa responsabilité notamment celui-ci : «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits». Le respect de cette dignité due à chaque personne, valide ou non, implique la reconnaissance de droits fondamentaux comme l’éducation ou l’accès au travail. Cela ne se fait pas automatiquement dans certains pays, mais de manière empirique, archaïque et décalée. Nulle trace où l’on se pose des questions sur cette frange de la société, où l’on s’interroge sur ce qu’elle attend de leurs semblables bien-portants. Ils n’attendent pas la compassion, la pitié ou la charité, ils attendent leurs droits de citoyens à part entière et c’est tout. De grâce, dites moi, comment pouvons-nous construire, développer, administrer, organiser des loisirs en excluant les handicapés ? En leurs rendant difficile l’accès à certains édifices officiels ou non, en les empêchant tout simplement de se mouvoir avec assurance dans l’espace public, sans risquer de se retrouver par terre les quatre fers en l’air ? Certes, se promener, flâner, se balader ou tout simplement aller à ses occupations, accomplir des démarches administratives, faire du shopping sont déjà difficiles pour le commun des mortels, que dire alors lorsqu’il s’agit d’une personne à mobilité réduite. Ces barrières, ces fossés érigés entre les êtres vivants, entre les gens impotents et omnipotents, sont à trouver dans le tissu social. Avoir un handicapé à la maison est une honte pour beaucoup de familles chez nous. Mais quand est-ce qu’on s’occupera d’eux, en appliquant les lois sur l’accessibilité des personnes handicapées partout où ils le veulent, tout de suite…
S. A. H.
