Grève générale des étudiants

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C’est à l’appel de la Coordination libre des étudiants qu’une journée de grève générale a été observée, avant-hier, au niveau de l’université Akli Mohand Oulhadj de Bouira. Une grève suivie par la totalité des étudiants des facultés des deux campus de l’université qui dénoncent «la marginalisation de la langue amazighe». Dans une déclaration rendue publique et affichée à travers l’ensemble des départements de l’université, les grévistes disent réclamer des pouvoirs publics «la mise en place d’un dispositif spécial pour la généralisation de Tamazight dans l’enseignement et dans les administrations». Les rédacteurs de la déclaration dénoncent le récent rejet par la commission des finances de l’APN de la proposition d’amendement introduite pour la dotation budgétaire de l’enseignement de Tamazight et du caractère obligatoire de son enseignement, ils réclament l’accompagnement financier et la mise à la disposition des chercheurs linguistes de l’ensemble des moyens nécessaires. «Plus d’une année après son officialisation et son introduction dans la Constitution, Tamazight demeure otage de conflits politiques et idéologiques en Algérie. Les pouvoirs publics tardent à concrétiser leurs engagements, pour la création d’une académie pour l’Amazighité et pour la généralisation de son enseignement. Aujourd’hui et malgré son statut de langue officielle et nationale, Tamazight ne dispose d’aucun moyen pour sa promotion et sa généralisation. Le caractère facultatif imposé depuis plus de deux décennies, pénalisent les efforts scientifiques et pédagogiques et crée une confusion à travers le territoire national», lit-on dans le document que les étudiants ont adressé au président de la République. Les étudiants ont, par ailleurs, soulevé d’autres revendications plus spécifiques à la wilaya de Bouira, telles l’ouverture de plus de postes budgétaires pour tamazight dans le secteur de l’enseignement, la généralisation de son enseignement à travers l’ensemble des établissements scolaires et son adoption comme langue officielle au niveau des administrations de la wilaya : «Le constat concernant Tamazight est alarmant dans la wilaya de Bouira. Les postes budgétaires qui lui sont réservés dans l’enseignement restent très minimes, voire insignifiants, surtout vu la forte demande citoyenne pour son enseignement. Sa généralisation se fait aussi attendre, puisqu’elle n’est enseignée que dans 5 daïras sur les 12 que compte la wilaya. La directive de l’ancien Premier ministre, instruisant le changement des frontons des administrations publiques et des plaques de signalisation routière en introduisant tamazight, n’a pas été respectée. Nous réclamons l’introduction de tamazight dans l’administration, les collectivités locales et la vie économique et publique des citoyens de la wilaya de Bouira», écrivent-ils. Les étudiants grévistes n’excluent par ailleurs pas la possibilité de l’organisation d’une marche pacifique à Bouira, la semaine prochaine, et appellent les citoyens de la wilaya à s’impliquer dans ce mouvement. A noter enfin que les résidentes de la cité universitaire Kebbal Aïcha ont observé, durant la soirée de mercredi dernier, un rassemblement silencieux à l’intérieur de la résidence universitaire, initié par le comité autonome des étudiantes, en hommage aux martyrs de la cause identitaire et pour réclamer la généralisation de l’enseignement de tamazight.

Oussama Khitouche

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