La rencontre avec ce passionné de la sculpture sur bois, qui vient de faire son entrée par la grande porte, dans le monde des arts, a eu lieu dans son stand d’exposition à la Maison de jeunes de Seddouk, à l’occasion d’une manifestation culturelle, organisée par l’association locale pour la commémoration du 17° anniversaire de la mort de Mouloud Mammeri du 27 février au 02 mars. «C’est au mois d’avril 2005 que m’est venue l’idée de méditer par des statuettes en bois sculpté sur ce qui nous entoure», répondit-il à la question de savoir depuis quand date sa vocation pour la sculpture ? Beniken Khelaf dit Mourad, 37 ans, natif et vivant au village Takaatz dans la commune de Seddouk, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est l’heureux “sollicité” de partout pour exposer ses figurines en bois sculpté. Avec une centaine de statuettes qu’il emballe et expose partout, où il est invité à participer, l’artiste s’adonne avec passion à expliquer le fruit de son travail fait à base de bois pullulant dans les champs et dû à la dextérité de ses mains. «Chaque soir, devant un feu de braises, je choisis les pièces à sculpter et le reste est jeté dans le kanoun», renchérit-il. Et il poursuit en désignant du doigt le matériel sommaire composé en tout et pour tout d’une hache, de ciseaux de bois et de papier verre : «Ce que vous voyez là, ce sont mes seuls outils de travail». Même débutant, son nom a déjà connu un retentissement écho dans la région. «Le public a découvert mon produit pour la première fois, lors du centenaire de l’école primaire de Takaatz, puis à la fête des olives qui s’est tenue récemment à la Maison de la culture de Bejaia. La Une française a voulu m’arracher la statuette de Matoub en me demandant de fixer n’importe quel prix. Je lui ai répondu simplement qu’elle n’a pas de prix», souligne-t-il.A Seddouk, les visiteurs qui déferlaient sur son stand étaient fascinés par ses créations sublimes et l’encourageaient à aller de l’avant, tout en lui reconnaissant un talent de grand artiste. Pour cela, il rassure que la sculpture est et restera sa seule passion et qu’il ne saurait l’abandonner. «La sculpture est ma raison de vivre, c’est mon univers professionnel festif. J’aime me retrouver lors des expositions au milieu des dizaines d’admirateurs charmés par mes statuettes et les autres jours dans mon atelier plongé dans mon rythme habituel», tranquillise-t-ilAinsi les demandes à des expositions affluent chez cet heureux sculpteur, modeste et hors du commun, qui n’a pas encore bouclé un printemps de présence artistique mais qui a acquis déjà une aura certaine. Rendez-vous donc est pris cette fois-ci pour les festivités commémorant l’insurrection du 08 avril 1871 qui auront lieu au mois d’avril prochain.
L.Beddar
