Cela fait maintenant presque dix-sept ans que les logements ont été squattés. En effet, ces citoyens les occupent depuis le 26 mai 2001 lors des événements douloureux du Printemps noir. Ni leur situation n’a été réglée ni encore moins on a procédé à les doter de commodités. Ils ne sont raccordés ni au réseau électrique ni à celui du gaz naturel. Quand on arrive sur les lieux, des câbles électriques meublent tout l’espace à tel point que des dangers d’électrocution sont imminents. «Quand il pleut, on voit des étincelles prendre sur les câbles notamment là où ils sont dénudés. Si un fil tombait sur quelqu’un, il serait grillé. Vraiment, c’est un danger», dira un résident accosté sur place. Et de poursuivre : «Regardez, pourtant il y a un poste électrique, des poteaux et des câbles. Il ne reste que les branchements et les services concernés ne sont pas encore intervenu». Dans ces logements, les résidents souffrent des affres du climat. «On ne peut recourir au chauffage électrique parce que le courant est insuffisant. Quand au gaz butane, il nous revient cher. La plupart des familles sont démunies», souligne la même personne. «Nos avons beaucoup de malades dans ces immeubles parce que les conditions de vie frisent la misère. Qu’on nous régularise ! Ne sommes-nous pas des Algériens comme les autres ?», déplore un autre résident de ladite cité. «Est-ce que réellement on peut échapper aux maladies quand on voit ces fuites d’eaux usées et ces eaux qui stagnent en bas ?», continue-t-il. Les locaux du rez-de-chaussée qui devaient servir pour le commerce sont livrés à eux-mêmes et à l’état d’abandon. Aussi, ils sont souvent occupés par les noctambules alors qu’aucun aménagement n’a été réalisé dans ces lieux au point où la bourbe se forme jusque aux bas des immeubles. En tout cas, ces dizaines de familles ne savent plus quelle autorité saisir d’autant plus que leur situation n’est pas encore réglée.
Amar Ouramdane
