Si la femme algérienne a enregistré ces dernières années des acquis appréciables, notamment sur le plan juridique, elle est encore, dans de larges couches de la société, l’objet de toutes les avanies et de toutes les violences. Dans l’Algérie de 2006, des jeunes filles sont encore privées des bienfaits de l’instruction, d’autres sont mariées contre leur grés, d’autres encore sont jetées, dans la rue, et doivent, pour vivre, faire commerce de leur corps. Selon les chiffres rendus publiques le mois dernier par la gendarmerie nationale, un millier de femmes ont été victimes, en 2005, de violences, physiques ou morales, ayant entraîné la mort d’une partie d’entre elles. Ces violences sont suivies dans certains cas d’agressions sexuelles, de tentatives de meurtres, voire de meurtres. Les victimes sont pour la plupart jeunes puisqu’elles ont entre 18 et 29 ans, beaucoup sont aussi des mineures qui subissent, au même titre que les autres, viols, coups et blessures, enlèvement… Si de plus en plus de femmes déposent plainte contre leurs agresseurs, faisant ainsi “jouer” la loi, beaucoup préfèrent garder le silence, notamment dans les cas d’agressions sexuelles, qui demeurent une question tabou en Algérie. Autre question peu abordée, la délinquance féminine qui, à cause des problèmes sociaux et de la malvie, notamment dans les milieux populaires, tend à prendre de l’ampleur : toujours selon les chiffres de la gendarmerie nationale, sur les 11302 mineurs appréhendés pour divers délits, 272 sont des filles. Violence contre la femme, violence de jeunes femmes : voilà deux phénomènes qu’il faut enrayer au plus vite !
S. Aït Larba
