Faut-il revoir le nouveau système d’évaluation des élèves ?

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Les vacances du deuxième trimestre ont débuté hier, après un long et éreintant trimestre.Aux nouveaux programmes scolaires qu’essayent de maîtriser, tant bien que mal, les enseignants, tous cycles confondus, s’ajoute la nouvelle formule d’évaluation qui consiste à organiser des contrôles permanents suivis de deux devoirs surveillés et le tout clôturé par une composition. Cette formule a fait qu’à la fin du trimestre “l’élève aura une note de contrôle à laquelle il faudra ajouter celle des deux devoirs et de la composition que l’on divisera par 5 enfin d’obtenir une moyenne trimestrielle”, nous a dit un enseignant.Ce système d’évaluation, s’il permet une meilleure gestion du contrôle scolaire et détermine la valeur intellectuele de l’élève, il ne peut être “efficace que si les moyens humains sont mis en place”, de l’avis de plusieurs enseignants. Ces derniers, qui ne remettent pas en cause le nouveau système d’évaluation, estiment que le ministère doit non seulement réduire le volume horaire mais aussi créer des postes d’emplois et réduire la surcharge des classes afin de permettre à l’enseignant de mieux gérer ce contrôle.En effet, et à titre indicatif, un enseignant d’histoire et de géographie, auquel on a ajouté l’éducation civique (3 matières) et qui a à sa charge 8 divisions de 40 élèves (320 élèves), un volume horaire de 22 heures en plus de la préparation des cours, en dehors des heures de travail réglementaires, est broyé par cette reforme et ne peut atteindre les objectifs pédagogiques tracés par la tutelle. Et de l’aveu même d’un enseignant de la matière, cette méthode “a fait de nous des correcteurs et non des pédagogues”.En outre, si cette évaluation est possible au premier et deuxième trimestre, est-elle possible au deuxième et troisième trimestre ? “Absolument pas”, nous a dit notre interlocuteur, et d’ajouter. “Les deux derniers trimestres ne sont que des bimestres puisque le deuxième trimestre a débuté en janvier et s’est achevé à la mi-mars et le troisième commencera en avril et se terminera au début du mois de juin, à cause des différents examens de fin d’année”. Il est bien sûr évident que les mêmes problèmes se reposeront aux autres matières notamment les lettres et les langues où l’enseignant, en plus de ce qui a été cité plus haut, aura aussi à corriger chaque semaine des centaines de copies d’expression écrite et des travaux de projets que réalisent les élèves et qui sont corrigés tous les quinze jours par l’enseignant. Et si l’évaluation a été étudiée pédagogiquement, sur le plan technique et humain, la question reste inconséquente face aux réalités du terrain. Faut-il revoir le nouveau système d’évaluation des élèves ?

Yacine Boudraa

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