La pollution de l’environnement dans la région de la vallée du Sahel a atteint des proportions inquiétantes ces dernières années. L’environnement pâtit de cet état de fait, en l’absence d’une solution durable capable de juguler ce mal qui, un jour ou l’autre, se retournera sur la santé des populations, si ce n’est pas déjà fait. Cependant, les rivières et autres ruisseaux qui parcourent cette région charnière de l’est de la wilaya de Bouira sont les plus touchées avec des rejets solides et liquides quotidiens. Il y a lieu de relever qu’en plus des déchets ménagers, il y a aussi les déchets résultants des activités économiques (agricoles, industrielles,… ). Un point crucial concerne les déchets générés par l’activité agricole comme à juste titre l’aviculture. Cette filière d’élevage avicole, très répandue à Choukrane, Toghza, Chorfa et M’Chedallah, produit des déchets polluants et toxiques à la fois. En l’absence du recyclage de la fiente des volailles, c’est la nature qui est transformée en collecteur de ces déchets hautement acides. Les unités avicoles, se comptant en centaines dans cette région, génèrent d’importantes quantités de ce genre de déchets lesquels finissent le plus souvent sur les berges et les lits des Oueds comme le Sahel, Amarigh, Tiksiridène, Ouakour et autres. Ainsi, ces cours d’eau sont carrément pollués à un degré inquiétant. À l’exemple de ces poulaillers sis à Ath Mansour ou à Chorfa lesquels déversent via de petits canaux aménagés des eaux usées chargées de fientes liquides de poulets d’élevage. Actuellement, les eaux de l’Oued Sahel ont changé de couleur à cause de cette fiente déversée avec outrance sans aucun scrupule ni respect pour la nature. «Chez nous, la fiente de volailles n’est pas utilisée comme engrais. C’est plutôt à Oued Souf, où il est planté des milliers d’hectares de pommes de terre entre autres, que cette fiente est très utilisée. D’ailleurs, ce déchet a vraiment son pesant d’or dans ces contrées, où il se vend entre 100 000 et 150 000 dinars la remorque, parfois même plus. Grâce à ce commerce lucratif, notre région pourrait se débarrasser un tant soit peu de bonnes quantités de fiente, mais là encore ce n’est pas suffisant», fait savoir un citoyen de Chorfa. Toutefois, les déchets avicoles constituent une menace sérieuse pour l’environnement, la faune et la flore. «Il faudra que ces déchets soient recyclés pour servir d’engrais naturels», préconise encore notre interlocuteur.
Y. S.
