Les médecins résidents, les pharmaciens et les chirurgiens-dentistes ont enclenché, avant-hier, un mouvement de grève qu’ils disent «illimité», jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Ces services connaîtront, donc, des dysfonctionnements et perturbations pour une durée, jusqu’à présent, inconnue. Les malades sont priés de s’armer de patience. À l’origine de ce débrayage, les représentants de cette catégorie évoquent une rupture inexpliquée du dialogue entre leur organisation, le CAMRA (Collectif autonome des médecins résidents algériens) et le ministère de la Santé. Aussi, pour dénoncer cette situation de blocage jugée «injustifiée», les grévistes comptent, par leur mouvement plus radical, faire réagir la tutelle et la faire revenir à la table du dialogue. Pour les médecins résidents, les pharmaciens et les chirurgiens dentistes, le ministère de tutelle avait entamé un dialogue fructueux qui a fini par faire naître l’espoir d’une issue prochaine au conflit. Ce qui a fini par les convaincre, d’ailleurs, de sursoir à leurs débrayages cycliques lancés depuis le début du mois de novembre. Une réunion a, pour rappel, regroupé les représentants des grévistes avec le ministre de la Santé Mokhtar Hasbellaoui. Lors de cette rencontre, les médecins ont énuméré la liste des revendications. Malgré la disponibilité affichée, les services du ministère se sont tus depuis ce jour. Aussi, ils considèrent que la grève illimitée enclenchée depuis dimanche dernier est amplement justifiée et elle sera inscrite dans une durée illimitée. Le retour de la tutelle au dialogue et à la recherche des solutions semble être, selon les propos des représentants, la condition de la suspension dette grève. En fait, le point d’achoppement de ce conflit est sans conteste le service militaire civil. Les médecins résidents réclament la réforme pure et simple de cette obligation nationale. Un système de regroupement familial est largement souhaité par les grévistes. Ce même service civil, affirment les résidents, «doit être revu et réformé au chapitre des affectations dans les régions enclavées». Bien sûr, d’autres revendications ont été soumises au ministère de tutelle et elles sont nombreuses. Une liste des manques et des problèmes a été énumérée. L’on peut signaler, entre autres, le manque d’encadrement et le manque de moyens au niveau des services dans les hôpitaux. Les résidents considèrent que leurs formations sont par conséquent d’un faible niveau. Le manque de moyens évoqué par les grévistes concerne non seulement l’encadrement par des professeurs, mais aussi des moyens. Beaucoup de médecins affirment, depuis bien longtemps, que faute de matériel, leurs connaissances pratiques sont d’un niveau qui laisse à désirer. Pour rappel, les médecins résidents, pharmaciens et chirurgiens dentistes avaient enclenché un mouvement de grève cyclique. Chaque semaine, les grévistes réservaient deux journées pour les actions de protestation comme les sit-in dans les établissements parallèlement aux arrêts de travail. Le service minimum a toujours été assuré, mais avec ce mouvement de grève illimitée, les perturbations seront certainement ressenties par les malades. Déjà que bien avant le débrayage, l’accès à ces services n’était pas si simple qu’il paraît. Pour une consultation, le patient se retrouve devant un rendez-vous très long.
Akli. N

