La loi de finances a été entérinée hier par le président de la République. Quoi qu’il en soit, cette loi engage le pays pour le futur, prononçant la fin de l’état de grâce et le début d’une situation où le social se démarque de l’intérêt général, et où le gouvernement annonce à qui veut bien l’entendre que les entreprises publiques seront mises à la disposition du privé selon la règle du plus offrant. Que celui qui se verrait adjuger la mise ne rechignera pas à la besogne en se payant le luxe de se voir offrir en prime des oboles sociales comme «relief des festins» qu’il ne partagera pas. Qu’en on juge la situation n’est pas au top, pour qu’il y ait une gestion pas trop généreuse ou trop permissive, on en est à la parcimonie la plus débridée. Et il n’y a pas lieu d’être plus optimiste que ne l’exige l’état présent du pays. Rien ne permet d’ouvrir les vannes fermées pour cause de précarité. La situation étant ce qu’elle est, il faudrait savoir que l’argent qui manque aujourd’hui est ramené par le privé au Trésor public, mais là c’est une autre histoire… Une histoire qui se raconte autour du feu, en songeant de quoi seront faits les lendemains qui déchantent. Il va y avoir certainement des choses qui enchantent mais pas des tas. Sans être dans le secret des dieux de la finance pour comprendre que le passé est derrière nous et nous ne pouvons pas, hélas, le rattraper. Aussi, reformulons le souhait galvaudé d’être au diapason de l’attente du petit peuple, mais pas au-delà de ce qui est, en principe, attendu. Les petites bourses vont assurément faire le pied de grue en prévision des jours fastes qui ne se montrent chiches en bonnes nouvelles, et partant ne peuvent être prometteuses que de fausses promesses. Cette loi sera le bon dans son acception la plus débridée, mais le mal y est de tout part la rançon du juste milieu…
S. A. H.
