Hommage à Cheikh El-Mahdi

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En collaboration avec la maison de jeunes de la localité, l’association culturelle «Jeunes de Takrietz», de la commune de Souk-Oufella, a organisé un hommage à l’artiste Cheikh El-Mahdi. À cet effet, un programme riche et varié a été conçu à cette occasion: une exposition, retraçant la vie et l’œuvre du maître du Chaâbi kabyle, une projection vidéo, une conférence sur la vie et l’œuvre du chanteur, des témoignages, recueillement et dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de l’artiste, et, enfin, une collation pour boucler cet évènement. Ce dernier était, aussi, une occasion de rendre un autre hommage à un jeune de la localité, décédé au début de ce mois, en l’occurrence Akroune Mouloud. Le match de football, entre vétérans, a été l’occasion de se replonger dans l’époque de l’artiste qui adorait le sport. Au cours de cette joute amicale, Bouaziz Azzedine, Mourad, dit «Feraoun», ou encore Mohand et Akroune Zoubir ont étalé leurs talents restés intactes. La conférence sur la vie de Cheikh El-Mahdi a été également l’occasion pour les deux conférenciers, Hamadouche Louhab et le poète Messouci Boualem, de s’étaler longuement sur la vie et l’œuvre de cet alchimiste du verbe. En 1976, Cheikh El-Mahdi enregistre son premier 45 tours, «Agma Ruh xdu-yi», et deux cassettes, parues respectivement en 1987 et en 1991. Il finalise, durant les derniers jours de sa vie, un album en hommage à son fils qui a trouvé la mort dans un accident de la route. Atteint d’une pleurésie, Cheikh El-Mahdi rendra l’âme à l’âge de 63 ans à Sidi-Aïch, le 30 décembre 2009. Désabusé par certains éditeurs indélicats, ce chanteur n’a pas produit une profusion de cassettes. Cheikh El-Mehdi a été honoré par la direction de la culture de Béjaïa, en juin 2009, en reconnaissance à sa contribution et à l’occasion de la journée nationale de l’artiste. Ce jour-là le Cheikh avait enflammé la foule, venue l’écouter à la maison de la culture Taos Amrouche. Surnommé «Le chanteur des modestes», le cheikh était sollicité à toutes les occasions. Nombreux furent les galas qu’il anima. Né en 1946 à Takeritz, dans la wilaya de Béjaïa, Cheikh El-Mahdi a fait ses débuts dans la chanson vers la fin des années 60, comme banjoïste aux côtés de grands chanteurs Chaâbi, à l’image de Guerouabi, El-Anka et Amar Ezzahi. Par la suite, il intègre la troupe de l’orchestre de l’émission radiophonique, «Chanteurs de demain», animée par Chérif Kheddam et Kamel Hamadi, avant de s’initier à la chanson. Il est à rappeler qu’une association, créée de son vivant, se consacre à perpétuer l’œuvre de Cheikh El-Mahdi.

R. Z.

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