L’augmentation des prix des carburants à partir de demain 1er janvier ne sera pas sans conséquences sur le prix des transports qui vont augmenter à leur tour. Néanmoins, selon le ministre du secteur, cette augmentation ne sera pas importante. Mais les usagers l’appréhendent déjà.
Le début de l’année pour les usagers des transports qui sont nombreux s’annonce dors et déjà difficile avec une hausse tant redoutée des prix. Situation qui fait jaser plus d’un et suscite l’inquiétude des citoyens, notamment en Kabylie. Dans cette région connue pour les augmentations unilatérales qui ne sont conformes à aucune réglementation. D’autant plus, dans les villages les plus éloignés, beaucoup de transporteurs travaillent en situation irrégulière et ne sont soumis à aucun contrôle. Le ministre avec cette annonce anticipe donc une mesure qui sera inévitablement prise par les transporteurs qui, eux aussi, vont devoir subir directement les conséquences de l’augmentation des carburants. Une manière de maitriser la situation au risque qu’elle devienne incontrôlable. Se voulant rassurant, le ministre a fait savoir que l’augmentation «n’est pas exorbitante et presque symbolique, décidée en commun accord et en concertation avec des représentants des transporteurs (taxis, transport urbain, inter-wilayas)». «Les réunions tenues au mois de décembre courant avec les syndicats et associations représentant différents transporteurs se sont déroulées dans un climat et un esprit responsables aboutissant à une solution consensuelle qui n’aura pas de conséquences ou préjudices sur le citoyen», dira-t-il. Le ministre félicitera pour l’occasion les transporteurs qui, précisera-t-il, «ont exprimé leur compréhension de la situation et de la conjoncture et ont assumé la responsabilité en toute confiance, en contrepartie d’un accompagnement et de mesures incitatives accordées par l’Etat à cette catégorie dont celles de cessation de création de nouvelles lignes et d’octroi d’autorisations pour préserver la performance du transport». Il fera savoir, cependant, que lors de ces réunions avec les transporteurs, ces derniers ont présenté plusieurs revendications professionnelles qui ont été d’ailleurs examinées et approuvées pour préserver une tarification à un seuil raisonnable et éviter aux transporteurs le recours à l’augmentation à chaque fois. Il a affirmé que le pouvoir d’achat des citoyens a été pris en considération, ainsi que les revendications des transporteurs. Le montant de la hausse des prix des transports n’a pas été officiellement révélé. Toutefois, l’Union nationale des transporteurs (UNAT) annonce déjà la couleur. L’UNAT a fait savoir par le biais de son président que l’augmentation du transport urbain sera de 5 dinars. Pour les taxis compteurs, elle sera de 23 centimes, tandis qu’elle sera de 5 DA pour les taxis par place. Les lignes longues distances (inter-wilayas) connaitront aussi, selon lui, une hausse de 10%. L’Union justifie ainsi la hausse : «Les nouveaux tarifs sont inévitables et sont motivés par les différentes charges et autres coûts liés aux activités des transporteurs dont justement le carburant». Des hausses jugées dans les normes par les représentants des transporteurs en attendant leurs approbations par la commission mixte chargée de fixer les prix. Le citoyen lambda, quant à lui, notamment celui qui fait des escales avant d’arriver à destination, devrait lui aussi revoir son budget qui en pâtit à son tour. C’est le cas des habitants des villages les plus reculés de la Kabylie qui doivent faire le déplacement dans un premier temps au chef-lieu de la commune ou de la daïra, puis faire escale et prendre un deuxième transport pour arriver à Oued Aissi, avant de rallier Tizi-Ouzou, avec un troisième transport (plan de circulation oblige). Les 5 dinars annoncés vont de ce fait être triplés, ce qui donnera une nette augmentation de 15 voire 30 dinars si l’on tient compte du retour, par jour. Un montant considérable et non négligeable qui se répercutera négativement sur le pouvoir d’achat des citoyens. Un pouvoir d’achat des plus bas à l’échelle magrébine et qui a déjà pris un sacré coup ces dernières années. En attendant que ces augmentations soient effectives, il est bon de rappeler qu’elles sont les incidences directes de l’augmentation des prix des carburants qui prendront effet à partir du premier janvier. Les nouveaux prix qui seront appliqués dans les stations de services de Naftal ont été annoncés officiellement dans un communiqué de l’autorité de régulation des hydrocarbures. Il en découle une hausse de 2 dinars pour le gasoil, 6 dinars pour l’essence, seul le prix du GPL reste inchangé.
Kamela Haddoum

