A quand un poisson moins cher ?

Le retour de beaux jours a fait baisser le prix du poisson, notamment de la sardine, très prisée, aussi bien dans les villes que dans les villages. Mais c’est encore trop cher pour que tout le monde, notamment les petites bourses puissent en bénéficier. Si la sardine était, il y a encore quelques décennies, la ‘’viande » du pauvre, en raison de son prix très bas, elle est devenue, au fil des années, un produits de luxe, atteignant jusqu’au 180 dinars le kilo. Et encore, disent les consommateurs, elle n’est pas toujours de bonne qualité, les vendeurs, notamment en hiver, proposant un produit de conserve. Le poisson, comme d’autres produits, est soumis à la loi de l’offre et de la demande : quand l’offre est supérieure à la demande, le prix du produit baisse, quand elle lui est supérieure, il augmente ! On évoque, pour expliquer cette flambée du prix du poisson, l’insuffisance de la production, imputée, principalement à la vétusté de l’outil de production. Pourtant, et de nombreuses études l’ont démontré, le potentiel halieutique de la Kabylie est l’un des plus importants de l’Algérie. La chambre de la pêche et de l’aquaculture de la wilaya de Tizi Ouzou, en se basant sur une enquête, effectuée en 2003, a révélé l’existence d’un potentiel de 69 000 tonnes de poissons. Or, la production, pour la même année, n’a été que de 722 tonnes pour les deux principaux ports d’Azeffoun et de Tigzirt ! On est loin, très loin de ce que l’on peut tirer des océans. Il est temps pour les investisseurs…d’investir ce secteur, à l’Etat d’encourager, notamment parmi la jeunesse, les métiers de la pêche, en fournissant les aides nécessaires…On verra alors baisser le prix du poisson et les Algériens en mangeront plus souvent !

S. Aït Larba